17/10/2005
La Croix de Misère

La Pauvreté groupe les hommes, la Misère les isole, parce que la pauvreté est de Jésus, la misère du Saint-Esprit.
La Pauvreté est le Relatif, — privation du superflu.
La Misère est l'Absolu, — privation du nécessaire.
La Pauvreté est crucifiée, la Misère est la Croix elle-même. Jésus portant la Croix, c'est la Pauvreté portant la Misère. Jésus en croix, c'est la Pauvreté saignant sur la Misère.
Ceux d'entre les riches qui ne sont pas exactement des réprouvés peuvent comprendre la pauvreté, puisqu'ils sont eux-mêmes des pauvres, en un sens ; ils ne peuvent pas comprendre la misère. Capables de l'aumône, peut-être, incapables du dépouillement, ils s'attendriront, en belle musique, sur Jésus souffrant, mais sa Croix leur fera horreur, la réalité de sa Croix ! Il la leur faut toute en lumière et toute en or, somptueuse et légère, agréable à voir sur une belle gorge de femme.
Prêtres élégants, éloignez d'eux le lit d'amour de Jésus-Christ, la croix misérable, infiniment douloureuse, plantée au milieu d'un charnier de criminels, parmi les ordures et les puanteurs, la vraie Croix simplement hideuse, bonnement infâme, atroce, ignominieuse, parricide, matricide, infanticide ; la croix du renoncement absolu, de l'abandon et du reniement à jamais de tous ceux, quels qu'ils soient, qui n'eu veulent pas ; la croix du jeûne exténuant, de l'immolation des sens, du deuil de tout ce qui peut consoler ; la croix du feu, de l'huile bouillante, du plomb fondu, de la lapidation, de la noyade, de l'écorchement, de l'écartellement, de l'intercision, de la dévoration par les animaux féroces, de toutes les tortures imaginées par les bâtards des démons... La Croix noire et basse, au centre d'un désert de peur aussi vaste que le monde ; non plus lumineuse comme dans les images des enfants, mais accablée sous un ciel sombre que n'éclaire pas même la foudre, l'effrayante croix de la Déréliction du Fils de Dieu, la Croix de Misère !
Si ces maudits se contentaient de n'en pas vouloir ! Mais ils prétendent qu'elle n'est pas pour eux, se prévalant de leur argent, qui est le Très-Précieux Sang du Christ, pour y envoyer à leur place le troupeau des pauvres qu'ils ont saignés et désespérés !
Et ils osent parler de charité, prononcer le mot Charité qui est le Nom même de la Troisième Personne divine ! Prostitution des mots à faire peur au diable ! Cette belle dame, qui n'a pas même la loyauté de livrer son corps aux malheureux qu'elle attise, ira, ce soir, montrer tout ce qu'elle pourra de sa blanche viande à sépulcre où frémissent des bijoux pareils à des vers et la faire adorer à des imbéciles, en des fêtes prétendues de charité, à l'occasion de quelque sinistre, pour engraisser un peu plus les requins ou les naufrageurs. La richesse dite chrétienne éjaculant sur la misère !
Dieu souffre tout cela jusqu'à ce soir, qui pourrait être le « Grand Soir », comme disent les nourrissons de l'Anarchie. Cependant il fait jour encore. Il n'est que trois heures, c'est l'heure de l'Immolation du Pauvre. Les esclaves des mines et des usines travaillent encore. Des millions de bras agissent péniblement sur toute la terre pour la jouissance quelques hommes et les millions d'âmes étouffées par l'angoisse de ce labeur, continuent à ne pas savoir qu'il y a un Dieu pour bénir ceux qui les écrasent : le Dieu des luxures et des élégances, dont « le joug est suave et le fardeau si léger » pour les oppresseurs.
C'est vrai qu'il y a des refuges : l'ivrognerie, la prostitution des corps, le suicide ou la folie. Pourquoi la danse ne continuerait-elle pas ?
Mais il n'y a pas de refuge pour l'Indignation de Dieu. C'est une fille hagarde et pleine de faim à qui toutes les portes sont refusées, une vraie fille du désert que nul ne connaît. Les lions au milieu desquels elle a été enfantée sont morts, tués en trahison par la famine et par la vermine. Elle s'est tordue devant tous les seuils, suppliant qu'on l'hébergeât, et il ne s'est trouvé personne pour avoir pitié de l'Indignation de Dieu.
Elle est belle pourtant, mais inséductible et infatigable et elle fait si peur que la terre tremble quand elle passe. L'Indignation de Dieu est en guenilles et n'a presque rien pour cacher sa nudité. Elle va pieds nus, elle est toute en sang et, depuis soixante-trois ans, — cela est terrible — elle n'a plus de larmes ! Ses yeux sont des gouffres sombres et sa bouche ne profère plus une parole. Quand elle rencontre un prêtre, elle devient plus pâle et plus silencieuse, car les prêtres la condamnent, la trouvant mal vêtue, excessive et peu charitable. Elle sait si bien que tout est inutile désormais ! Elle a pris quelquefois des petits enfants dans ses bras, les offrant au monde, et le monde a jeté ces innocents dans les ordures en lui disant :
— Tu es trop libre pour me plaire ! J'ai des lois, des gendarmes, des huissiers, des propriétaires ! Tu deviendras une fille soumise et tu paieras ton terme.
— Mon terme est proche et je le paierai fort exactement, a répondu l'Indignation de Dieu.
Léon Bloy "La Croix de Misère" ( Le Sang du Pauvre , 1909 )
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21/09/2005
R.I.P. Simon Wiesenthal

« Survivre est un privilège qui engendre des obligations », écrivait-il dans ses Mémoires. Simon Wiesenthal est mort lundi à 96 ans après avoir passé sa vie à remplir ces obligations-là.
Depuis le 5 mai 1945, quand il sort décharné des camps d'extermination, ce Juif né en Ukraine a chassé les criminels nazis « pour la justice, pas la vengeance » . Sa mère et des dizaines de membres de sa famille et de celle de sa femme ont péri dans les chambres à gaz.
Architecte avant la guerre, Wiesenthal devient chasseur professionnel d'anciens nazis, installé à Vienne où il établit son centre de documentation juive. Grâce à son réseau d'informateurs, il localise Adolf Eichmann avant les services secrets israéliens. Le chef du département des affaires juives de la Gestapo et grand ordonnateur de la « solution finale » se cache sous un faux nom à Buenos Aires. Quelques années plus tard, Eichmann est enlevé par un commando israélien et jugé à Jérusalem, puis condamné à mort pour crimes contre l'humanité.
Le tableau de chasse de l'ancien prisonnier de Mathausen compte d'autres célébrités : Karl Silberbauer, l'officier allemand qui arrêta la jeune Anne Frank, Frank Stangl, le commandant des camps de concentration de Treblinka et Sobibor, ou Hermine Brausteiner, responsable de l'assassinat de centaines d'enfants à Majdanek. Et quelque 1100 criminels anonymes, arrêtés puis jugés grâce à son travail de fourmi. Des années à accumuler des preuves, à vérifier des informations et à monter des dossiers judiciaires avec trois collaborateurs et une pugnacité à toute épreuve pour retrouver des dignitaires du IIIe Reich confortablement rangés dans les dictatures d'Amérique latine ou d'ailleurs.
« C'était un petit homme frêle, fragile, à la santé déficiente, qui parlait d'une petite voix en allemand, avec un fort accent -il était Polonais d'origine », se souvient Marc Knobel, historien et chercheur au Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) qui a travaillé avec lui.
«Tout au long de sa vie, il n'a pas eu de moyens. A un moment, comme il n'avait pas d'argent, lorsqu'on lui envoyait des courriers, il récoltait les timbres et les vendait, se rappelle-t-il. Il n'avait pas de budget. Son moteur, c'était sa conscience, sa force intérieure et cette incroyable volonté de justice. »
« Il a eu le mérite d'être un homme-mémoire », résume l'historien Pierre Vidal-Naquet.
Extrait autobiographique d'un acharné du combat contre l'oubli : « Toute ma vie je me demanderais ce que je peux faire pour ceux qui n'ont pas survécu. La réponse que je me suis trouvé (et qui ne doit pas être forcément celle de tout survivant) est la suivante : je veux être leur porte-voix, je veux garder leur mémoire vivante, être sûr que les morts continuent de vivre dans cette mémoire. »
Par Judith RUEFF

08:25 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
29/07/2005
Festival Dour 2005

Fête de Ste marthe (m)
Saint(s) du jour : Ste Marthe, vierge (1er s.), Bx Urbain II, pape (+ 1099)
Ne pouvant me rendre au Festival de Dour cette année ( contrairement à l'année dernière , cf ici et là ) , j'ai chargé tout spécialement Nicolas Rehby , notre Hunter S. Thompson national , du compte rendu de cette édition. C'est donc bien " chargé " , et après avoir tout " rendu " , qu'il nous livre ici son bilan .
Pour accompagner votre lecture , je vous ai concocté un mix spécial Dour 2005 , qui suit le périple musical de notre ami festivalier. Ecoutez le en cliquant ICI . En voici la "playlist" :
Isis - Carry
Hexstatic - Deadly Media
Robot in disguise - She's a color scientist
Cult of Luna - The Watchtower
Team America - America Fuck Yeah
Laibach - Tanz mit laibach
Amon Tobin - Deo
Slayer - Raining Blood
25 ta Life - Strength Trough Unity
Plastikman - Disconnect
Mylo - Zenophile
Napalm Death - Hung
Alec Empire - Suicide
John Spencer Blues Explosion - Bellbottoms
Didier Super - Y'en a des biens
Merci donc à Nicolas Rehby et à Raphaël Juldé d'avoir répondu à mon invitation .
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DOUR 2005
Avant de partir en périple à l’étranger, c’est bien connu, il est conseillé de consulter un guide! Je me suis donc plongé dans “Belgique” de Charles Baudelaire. Et voilà entre autre ce que j’ai pu apprendre sur ce peuple ma foi fort étrange:
le belge a été coupé en tronçon; il vit encore. C'est un ver qu'on a oublié d'écraser.
Il est complètement bête, mais il est résistant comme les mollusques."
"Affreuse laideur des enfants! Pouilleux, crasseux, morveux, ignobles. Laideur et saleté. Même propres, ils seraient encore hideux.
Les belges sont un peuple siffleur,comme les sots oiseaux."
"les belges ne savent pas marcher. Ils remplissent toute une rue, avec leurs pieds et leur bras. N'ayant aucune souplesse, ils ne savent pas se garer, s'effacer, ils heurtent l'obstacle lourdement.
Les belges marchent en regardant derrière eux. On dirait qu'une niaise curiosité tire leur tête en arrière, pendant qu'un mouvement automatique les pousse en avant. - Un belge peut faire trente ou quarante pas, la tête retournée, mais infailliblement vient un moment où il se cogne à quelqu'un ou à quelque chose. j'ai fait bien des circuits pour éviter des belges qui marchaient."
"la femme belge : Un nez de polichinelle, un front de bélier, des paupières en pelure d'oignon, des yeux incolores et sans regard, une bouche monstrueusement petite, ou simplement une absence de bouche (ni parole, ni baiser!), une mâchoire inférieure rentrée, des pieds plats, avec des jambes d'éléphant (des poutres sur des planches!), un teint lilas, et avec tout cela la fatuité et le rengorgement d'un pigeon."
Je me suis dis qu’après tout, je n’allais qu’à un festival et que je n’avais finalement pas trop à m’inquiéter! Tant que leurs frites ne leur ressemblent pas!
Jeudi. Jour 1.
Voiture, autoroute, rien d’intéressant. Bien sûr, en arrivant, c’est le bordel. Il faut aller se garer, prendre les affaires, récupérer les pass, aller au camping, la merde quoi! Surtout qu’il est 15h30 et qu’il y a Isis à 19h25. Je commence par m’enfiler une gorgée d’assoiffé d’absinthe pure croyant trouver une source de joie et de rafraîchissement en pensant que ce liquide vert est une menthe à l’eau bien fraîche! Eh oui, ça commence bien. Je suis censé survivre 4 jours, je le rappelle pour les retardataires ou les incultes, voir les deux (oui, il y en a. Dieu est un joyeux drille!). Après maintes péripéties aussi fascinantes que dans le très bon livre “Vendredi ou la vie sauvage” (lisez un peu, ça vous fera pas de mal et ça me fera gagner du temps!) nous voilà à planter nos tentes au bord des barrières!! Nous sommes tout au bout du camping. Ça nous fera de la marche. Voilà, tout est monté, en ordre, il est 19h, nous arriverons pile à l’heure pour Isis qui est sur la scène la plus éloignée, c’est à dire le plus loin de là où nous sommes!! Ah ces festivals! Excellent concert! Très bon groupe. Je préviens, je dirai ça tout le temps. Y a pas autre chose à savoir! A la fin de ce très bon set, je regarde mon programme et je me dis que Dour, quand même, c’est pas de la merde! Après cette réflexion hautement philosophique, retour à la tente! Il s’agit de s’alimenter copieusement en vue de boire comme un trou en déambulant de concerts en concerts et être capable de rejoindre sa tente en pilote automatique dans les alentours de 5h du matin. Ce repas est dérangé par une horde de campeurs surnuméraires! Il faut virer les grilles et agrandir le camping, trop de monde et pas assez de places! Nous voilà donc au milieu du camping! plus de point de repère. Raison de plus pour bien manger aurait sûrement lâcher le vieux Buk en pareille situation.
Nous voilà donc parti avec une bouteille de rhum chacun, du pinard dans le ventre et de quoi accéder à quelques paradis artificiels.... Hexstatic, même scène qu’Isis. Des écrans passant des films de danses kitchissimes au possible. Des remix drum’n’bass absolument improbables tels que 50 Cent, “These boots are made for walking” ou encore un vieux Beastie oublié. Un très bon moment rock’n’roll avec Jimmy Page et Queen. Une demi-heure bien motivante avant d’enchaîner avec Vitalic, grande scène. Énorme set! Après ça, un détour par (t)EkËl, complètement nul! Vraiment pourri, rien à ajouter! Décide donc d’aller prendre le gros son de Jeff Mills dans le oreilles afin de faire monter le rhum. Il est l’heure de rejoindre Jaga Jazzist, “des gens du froid qui font de la musique chaude” nous prévient-on. Pas mal, mais un peu cacophonique (au moins 12 gars sur scène). Au bout d’une demi-heure, je décide d’aller voir DJ Hype, le type de Ganja Kru. Grosse claque!!! 1 h de grosse Drum’n’bass avec un beat hard-tech!! Parfait pour suer le rhum!! Vraiment de la musique d’idiot, le but étant de perdre le plus de neurones possible avant de faire n’importe quoi. Ça marche à merveille, j’ai testé pour vous. Après ça, je me retrouve à Herbaliser, plus calme! Je rencontre Julian par hasard, défoncé et près à partir rejoindre son lieu de récupération. Il reste avec moi à Herbaliser, assis dans l’herbe à 10 mètres du chapiteau, parfait. Je fini ma nuit en écoutant The Hacker. Il est temps de rentrer dormir. Sur le chemin du retour, je découvre le bon plan du festoch. La “relax-zone”!! C’est la zone où les foncedés viennent s’effondrer. Ils donnent de l’eau, du café, lits de camps... Je vide un litre d’eau (je n’avais qu’un litre de rhum pour ma soirée...), et je vais me coucher.
Vendredi. Jour 2.
Réveillé par la pluie. Ah non, pas ce coup là! me dis-je en me dressant de mon duvet! je décide de me rendormir pour oublier ce cauchemar!! Deux heures, plus tard, c’est le soleil qui me réveille. Merde, ai-je réellement cauchemardé ou la pluie est-elle vraiment tomber? En mouillant et tout? Suis-je seulement en vie?!?! Penser à moins boire, les réveils sont un peu durs conclus-je... Il y a Lofofora à 15h20, il est 12h. Première chose, aller taxer du café à la relax-zone. je sais, j’suis un crevard. Mais je suis poli! Un peu comme le Christ. Je dis “nourrit moi. Si tu veux pas, c’est pas grave, je demanderai à ton voisin. Y en a bien un qui va me filer à manger ou un peu de café quand même merde!!! On est p’être au milieu du désert, mais putain, y a bien un truc à bouffer quelque part bandes de crevards!!”. Enfin je dis pas tout à fait ça, mais le Christ oui! Dans les termes de l’époque bien sûr, mais bon, en gros, c’est bien ce qu’il a dit! Quel manque d’éducation, vous reconnaîtrez. Il fait honte à son père. Enfin, passons et buvons notre café! Voilà, bon, je vais pas vous emmerder avec les aller-retour, les concerts, tout ça, c’est chiant et trop répétitifs au niveau du style. Grosse fête sur The Experimental Tropic Blues Band, set rigolo de Robots in Disguise. Cult of Luna valait vraiment la peine! Fantômas est arrivé sur scène avec “America! FUCK YEAH!”, ce qui m’a beaucoup fait rire et motivé à boire mon rhum! Pas de Dave Lombardo (le batteur de Slayer pour les crétins du début qui seraient resté toujours aussi cons) mais c’est le guitariste de Melvins qui officie à la 6 cordes (une guitare comporte 6 cordes! Y en a vraiment, faut tout leur dire!). Après une demi-heure de n’importe quoi musical, l’heure sonne enfin d’aller voir Laibach (Nom de Ljubjana à l’époque de l’Autriche-Hongrie) sur la grande scène. Je les avais déjà vu à la Locomotive en décembre et j’en avais gardé un bon souvenir. Les deux magnifiques femmes en couettes tapant en rythme sur les caisses claires à la façon des parades militaires, ça, c’est un grand moment! Et quelles femmes! Autour de nous, certains se demandent vraiment ce que c’est que ce groupe! Seraient-ils fascistes? Bref, je suis complètement défoncé et le concert est très puissant. On peut faire le jeu de mot pourri: ça “Tanz mit Laibach!” Fin des hostilités. A partir de ce moment j’avoue avoir complètement oublié ce que j’ai fait. Je ne sais pas comment j’ai navigué d’une scène à l’autre!! Je me rappelle juste avoir vaguement entendu Anthrax et apprécié la beauté de la chanteuse de Vive la Fête !! Black-out!! Ce dont je me rappelle, c’est de m’être dressé comme un seul homme lorsqu’ Amon Tobin à lancé “Rainin’Blood” de Slayer (le groupe de Dave Lombardo, celui qui est censé être le batteur de Fantômas. Non? Personne suit ou quoi??) pour clôturer son set. Les gens qui m’observaient vautré par terre depuis un certain temps doivent se poser bien des questions, mais moi, Slayer ça me rend con! Surtout bourré! C’est incroyable car cette chanson est devenue une sorte de classique. Tout le monde connais cette chanson! Avant y avait que quelques coreux qui reprenaient ça dans une cave afin de raviver un pit faiblard. Maintenant, j’ai l’impression d’entendre ça partout! Slayer pour clôturer un set d’électro!!! le pire, c’est que ça sonne! C’est très bizarre d’être habitué à une sonorité et de l’entendre dans un tout autre contexte! C’est un peu comme de voir un noir avec l’accent belge! Ben oui, prenez un noir habillé banlieue parisienne (j’en vois toute la journée, je sais de quoi je parle). Vous êtes habitué à l’entendre parler d’une certaine manière, c’est un peu comme un label qualité. Du coup, voir le même type parler belge, ça choque! C’est un peu comme un blanc parlant petit nègre, ça fait rire les domestiques. C’est moins drôle qu’un 50 Cent parlant québécois, je vous l’accorde, mais ça vaut le coup. Bref, passons ces considérations linguistiques qui vont encore me valoir l’étiquette fort collante de “raciste” et revenons à nos moutons (bien blancs.... non? ok, c’est nul). Je n’ai bien sûr absolument pas remarqué que Mike Patton a rejoint la scène pour gueuler dans un micro! Ah heureusement que certains ont une lucidité, ça me permet de rajouter des anecdotes... Un p’tit tour à Mylo, négociation ardue avec un indien pour une assiette de riz piquant et me voilà assis à profiter des basses profondes et sombres de Richie Hawtin a.k.a Plastikman. Il est enfin temps de rentrer dormir après une journée arasante et une cuite sévère! Je retrouve Julian à la tente qui m’offre un p’tit pète de weed à la belle étoile. Je ne me rappelle même plus comment je me suis endormi. Sans doute en fermant les yeux...
Samedi. Jour 3
Aujourd’hui, journée Hardcore!! Born from Pain, Diecast, 25 Ta Life et Napalm Death!! Quelle belle invention que les boulquiès! Nico c’est fracassé le dos. Je le retrouve à 9 h à la relax-zone. Il a dormi sous Valium le salaud!! Je demande au type si je peux finir ma nuit sur un bon lit parce qu’il fait trop chaud sous ma tente. Bien sûr, il m’offre l’hospitalité et du coup, deux heures de bonheur! Après un bon café, le type me demande si je peux quand même remplir une fiche statistique pour son organisation, je ne sais pas trop. J’accepte fort volontiers. Il me demande ce que je prends comme drogue, à quelle fréquence, etc... je lui dis que je bois. Il me demande si régulièrement. Je lui réponds: “comme un français moyen, je bois du vin à presque chaque repas!”. Le type me regarde complaisamment et me remercie pour les quelques instants que j’ai bien voulu lui accorder. je reprends un café et lui dis de rien. Après Born From Pain, c’est à 15h45 que j’ai vu Jésu. Oui, Jésu était à Dour. Mais c’était pas terrible. Décevant même. je préfère encore une bonne messe! Je vais donc suivre la fin du set de Diecast. Et deviné par quoi ils ont concluent leur set? “Rainin’ Blood” ! Comme c’est original! Après ça, je traînasse à droite à gauche en attendant le set de 25 ta Life! Je les ai déjà vu 3 fois, mais c’est mon groupe de Hardcore préféré! J’écoute ce groupe depuis que je suis en seconde! Et j’ai pas fait de pit depuis Hatebreed en octobre, ça me manque. Les types arrivent sur scène tout décontractés. 25 Ta Life, c’est une institution! Ces gars ont fait le tour du monde, tous les gars qui écoutent du hardcore les connaissent mais ils jouent toujours à 17 h dans les festoch!! Et c’est tout le temps blindé!! Hardcore jusqu’au bout quoi. Un bon set, reprise de “Crucified”, un bon pit, pas mal de old school circle-pit pendant le set. Bon concert. Je fais une croix sur Walls Of Jericho et Murphy’s Law pour aller me restaurer parce qu’après, tout s’enchaîne jusqu’à 5 h et il va falloir tenir! Sur la route du camping, je récupère un tract présentant la journée et résumant la journée d’hier. J’y lis un article fort intéressant où j’apprends qu’ “Alain a toujours la frite”. C’est illustré d’une photo d’un type énorme avec une coupe de cheveux invraisemblable posté devant un tas de frites digne d’un sommet des Alpes et des pots de sauces. “Depuis 16 ans, il tient une des 5 ou 6 baraques à frites du festival. La cinquantaine enthousiaste, ce fan de rock en général et de Springsteen en particulier, s’émerveille toujours de la gentillesse des festivaliers.(...) Au hit parade des sauces? L’Andalouse, qui inonde les frites à raison de 30 à 40 litres par jour! “Toute l’équipe qui travaille sur Dour est composée de passionnés!” précise-t-il. Et il en faut de la passion pour nourrir chaque jour plus de 30 000 personnes, de 8h à 4h’ du mat’!” Je vous laisse imaginer dans quel état d’hilarité j’ai rejoins ma tente. Je tiens à préciser qu’avant d’être un motivé, c’est un enculé!! Il a refusé de filer une frite à 3 tickets le dimanche soir à une heure du mat’ à Julian qui était en chien!! C’est pas très commerçant tout ça quand on écoule des tonnes de frites par jour! Retour sur le site (cet aller-retour devient ennuyeux à force! Quoique ce matin, j’y ai croisé un type en slip mais qui se trimballait sobrement la bite à l’air! Un peu de distraction quoi.) pour la fin du set de Mass Hysteria. Furia!(pour ceux qui connaissent! les autres, merde! C’est pas de ma faute si vous connaissez rien d’autre que La Ferme, Jerry Springer et Plus Belle la Vie!). Il est enfin l’heure d’Alec Empire. Je ne m’adresse donc dorénavant qu’exclusivement aux personnes connaissant Atari Teenage Riot. Il est accompagné d’une charmante jeune femme aux machines dont je suis tomber amoureux d’un coup, comme ça. Alec Empire est l’incarnation de l’Homme, au sens “mâle”, des années 80, dont les milices fascistes gay se sont approprié le look pour tenter de satisfaire leur petites détresses orgasmiques - eh oui, car finalement, ils s’enculent entre eux! Ce n’est pas un Homme qui les encule, c’est un type comme eux mais déguisé en stéréotype de l’homme de leur rêve! Alors quand il me disent que je ne suis pas épanoui parce que je n’ai pas le mauvais goût de me faire enculer dans les coins, je pouf! - de petits-bourgeois. Alec Empire, donc, est châtain, musclé, grand, musclé, torse-nu avec un pantalon en cuir et des bottes! Le rocker cocaïnomane! Et il est désespéré de voir ce public de veaux! En regardant ça, j’ai réfléchi à une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment. L’artiste, disons le musicien, est un dictateur! Il doit être fasciste. L’essence de la musique est fasciste. Un musicien use de sons pour exercer un pouvoir absolu sur un auditoire, un public! Le public veut être mener à la baguette. Un musicien peut faire faire n’importe quoi à un public, à priori! Disons, que lorsqu’il y arrive, il exploite le mieux le côté fasciste de ce qu’il fait! Pourquoi croyez vous que la majorité de la programmation de Radio-Paris était composé de plages musicales!! Le problème, c’est que les musiciens aujourd’hui ne sont que des putes!! Ils remercient le public, ils participent à des “œuvres de bienfaisances”, etc. Ils ne soumettent pas leur public, ils le soumet parce qu’ils leur vendent un moment de soumission! Le vrai artiste, le vrai musicien doit avoir comme seul but de soumettre son auditoire, de le soumettre à accepter ce que lui aura décider qu’il accepte! Hitler aurait du arrêter la peinture et la littérature pour faire du piano! On regarderait aujourd’hui ses concerts au Stade Olympique comme on regarde le DVD de Queen à Wembley! Certains se trompent de voies dans la vie. Après ce très bon concert je rejoins la scène Dance-Hall où se produit Rahzel. Je ne parle désormais qu’à ceux qui connaissent The Roots! Ce type est hallucinant, il faut voir ça pour le croire! je reste une bonne demi-heure médusé, un sourire béat et faisant un petit mouvement de tête régulier. Reprise des White Stripes, de tout un tas de choses, battle contre le DJ... tout rien qu’avec la voix. Vraiment impressionnant. Après ça Tokyo Ska Paradise et The Young Gods!! Je traînasse un peu vers les comptoirs, tickets boisson en poche. Je passe devant Little Brother, 2 gros renois qui font du rap. Rien d’exceptionnel. Je remonte me taper 1h30 de Front 242. Je ressors le cerveau diminué. Et je me rend compte qu’il est l’heure de passer aux choses sérieuses! Dj Spinna, gros set hip-hop. De bons pass-pass, un bon mix, de bons scratchs. un bon set. Je me retape White Stripes pour la deuxième de la journée - mais sont-ils programmés? ils ne sont pourtant pas sur le programme! - et là, ce con balance “Smells Like Teen Spirit!”; Folie dans le public. Après Amon Tobin qui fini son set sur Slayer, voilà Dj Spinna qui termine sur Nirvana!! Alors, ça tue, mais si ça continue dans 10 piges ce genre de show va ressembler aux bals populaires de ma campagne natale où des vieux dansent sur les inévitables tubes de leur jeunesse à la con qu’on connaît tous par cœur bien malgré nous!! Enfin, C’est au tour d’A-Trak. Ce type a bosser avec DJ Craze, été champion du monde DMC, fait des trucs de malades. Il est impressionnant. Des pass-pass de dingues sur des breaks absolument improbables. Par contre, la nouvelle machine qui sample les scratchs et les rebalance la mesure d’après, ça claque, mais ça enlève du spectacle. Parce que là, il fait son scratch et hop, ça tourne en boucle pendant qu’il change de disque. Alors qu’à l’époque, Executionners, Q-Bert, tout ça, il fallait sans cesse qu’ils tabassent leur platines... Mais bon, ça permet d’autres trucs de dingues. Le grand problème des technologies! Il est 5h30 quand j’arrive à rejoindre ma tente. Nico est à la Valium-zone et Julian en a profité pour se foutre dans mon duvet! Je m’affale donc dans la tente laissée vide par Nico.
Dimanche. Jour 4.
Réveil très difficile! Complètement crevé, plus de voix!! Dès que je parle, j’ai l’impression d’avoir l’accent belge! Horreur! Il y a plein de représentant des peuples du nord. Des belges, des suédois, des (gr)hollandais, des danois. La sonorité de leurs langues respectives est inhabituelle à notre oreille. Cela donne une mélodie assez bizarre à appréhender. C’est très drôle. “Oek nji kaluür schwe njut!” hihihi. Je suis bien moqueur, désolé. J’ai appris le mot “oek”. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais vu que tout le monde le prononce tout le temps, ça doit bien vouloir dire tout et n’importe quoi! C’est le dernier jour. Il faut tout démonter, tout emmener à la voiture pour être prêt à partir sitôt Didier Super fini! Notre chauffeur bosse à 9h le lendemain! C’est dans ces moments là qu’on se met à fredonner “le lundi au soleil..” Repas à la Cooking Island. C’est une tente où il y a des micro-ondes à disposition. Pourris, certes, mais on est pas à Koh-Lanta merde! A cet endroit, un individu - qu’on nommera le temps d’observer l’expérience le “festivalier” - vient s’asseoir sur un banc jetant presque un plat rempli de quelque nourriture, tout en gardant la tête basse des matins pas frais et la bouche pendante. C’est à ce moment qu’un autre individu - nommé lui “bénévole” - prends le plat et le met dans un micro-ondes. La plupart du temps, le festivalier se présente avec des boites qu’il n’a pas les moyens d’ouvrir ou des pizzas. Le bénévole à ce moment prend tout et ouvre, prépare et met dans le fameux micro-ondes. Mélodie de sonneries... Au bout de quelques instants le bénévole apporte le plat au festivalier. Ce dernier sans même bouger la tête, jette un coup de fourchette rapide au milieu, goûte nonchalamment et repousse le plat en bredouillant un “c’est pas assez chaud” fort peu poliment, il faut bien l’admettre. Là dessus, le bénévole reprend le plat et repart à la besogne avec le sourire, comme il se doit! Quand le plat est enfin au goût du festivalier (il a quand même payé pour camper dans un champ merde!), celui-ci mange. A peine a-t-il terminé qu’il repart se défoncé la gueule en écoutant de la musique. Le bénévole arrive à cet instant afin de jeter les saletés laissées par le festivalier et va servir, tout naturellement (de toute façon, il a rien à dire!), un autre festivalier. A 18h15, mauvaise surprise. Liars est annulé! Nous nous rabattons sur The Faint. Intéressant. Je vais manger un espèce de plat conséquent en échange de 8 tickets (ce qui correspond à 5 euros.) avant d’être un peu rock’n’roll devant Blues Explosion. Concert Rock’n’Roll comme on les aime! Direction 13 & God. C’est un side-project des membres de The Notwist et Themselves. Chill-out assis au fond, magnifique! Après ça, direction Roots Manuva. Il y a un batteur, un bassiste, un clavier, un guitariste et un DJ. Voilà enfin le grand moment!! Didier Super!!! Pendant que nous prenons des pintes, des types beuglent “Y en a des bien!”. Ça promet! le chapiteau est blindé! Hallucinant. Didier lance un enregistrement d’un morceau débile. “Je veux être un star!” AHAHAH !! Il le renvoie trois fois de suite avant d’arriver sur scène!! L’ovation! Il enchaîne les chansons débiles, nous présente son pote Fabrice, traverse la fosse pour aller jouer de l’autre côté de la scène, au niveau de la table de son! Final délirant!! Ça hurle de partout!! Quand les types viennent déblayer pour l’autre groupe, ils se font matraquer de bouteilles en plastiques!! Tout le monde redemande Didier, qui est vraiment un type super! Incroyable, le concert le plus dingue est celui de Didier Super!! AHAHAH !! On aura tout vu!
Voilà, il est temps de rentrer à Paris. Pendant que nous nous éloignons du site, la voiture est emplie de la musique d’ “Ave Maria”. Ave maria, calme de l’autoroute, me voilà en train de réfléchir. Il est 5h00, Paris s’éveille. Je suis aux toilettes, lieu propice à la réflexion la plus grave. Je viens de passer quatres jours à m’abrutir de musique et d’alcool. Il faut se réadapter, reprendre le train-train. Spleen. Qu’est ce que j’ai foutu merde? Voilà comment j’ai comblé mon temps jusqu’à la mort. Un peu de remplissage. Les vers de Baudelaire trottent dans ma tête:
Épitaphe pour la Belgique
“On me demande une épitaphe
Pour la Belgique morte. En vain
Je creuse, et je rue et je piaffe;
Je ne trouve qu'un mot: "Enfin!" "
J’y retournerai l’année prochaine...
00:20 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
14/07/2005
HAPPY BIRTHDAY TO ME !!!
Saint(s) du jour : St Camille de Lellis, fondateur (+ 1614), St Ulric de Cluny, o.s.b. (+ 1093)
radouL et Dj Zukry animent gaiement la soirée d'anniversaire de Tibolano , en ce 14 juillet 2005 . 25 ans , ça se fête ... ou pas ...

Pour vos mariages , baptêmes , bar-mitzvah et autres enterrements , vous pouvez les contacter ici ou les retrouver sur Radio Boulequies .
Warm Up avec la sélection sacerdotale de radouL :
01 - Alexander Nemtin - I.S.Bach Choral Prelude.
02 – Alessandro Alessandroni - Aliante Giallo. (2a Versione)
03 – Beach Boys – Our prayer.
04 – Alessandro Alessandroni - Arioso Spirituale.
05 - Philippe Besombes - Appel de Libra.
06 - Philippe Besombes – Ceremonie.
07 - Philippe Besombes – Raggacountry.
08 – Jason Forrest – An event. (helicopter passing edit)
09 – Gogol 1er et la horde – Dernière prière du soir.
10 – François de Roubaix - Amours délices et orgues. (thème)
11 – Vitalic – Polkamatic.
12 - Pierre Cavali – Les années d’illusion.
13 - Cannonball Adderley - Also Sprach Zarathustra.
14 – Nurse With Wound - You walrus hurt the one you love (...)
15 – Alessandro Alessandroni – Evocazioni d’amore.
(…) Nurse With Wound - You walrus hurt the one you love (...)
16 – Marie Laforêt – Prière pour aller au paradis.
(…) Nurse With Wound - You walrus hurt the one you love (...)
17 - Mort Garson – Plantasia.
(…) Nurse With Wound - You walrus hurt the one you love (...)
18 - Michel Magne - Grand Thème Malko.
(…) Nurse With Wound - You walrus hurt the one you love.
Chill Out de DJ Zukry : Et la tendresse ? ... bordel ! :
1 - Marc Leclair - Musique pour 3 femmes enceintes (64ème jour)
2 - Depeche Mode - Around The Golf (remixed by Air)
3 - Phillippe Sarde - On se voit ce soir
4 - David Axelrod - School Boy
5 - Svend Asmussen & Orchestra - Danse de jeunes filles
6 - Giovanni Fenati E La Sua Orchestra - Budapest
7 - Mario Rusca & His Orchestra - Sex Symbol
8 - Peter Thomas Sound Orchestra - Love In Space
9 - Beth Gibbons - Mysteries
Enfin , un grand merci à Raphael Juldé , qui a réussi à se libérer pour quelques instants , malgré un planning chargé , afin d' enrichir ce blog d'un superbe dessin :

09:40 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
01/06/2005
La Révolte des Garçons-coiffeurs

Saint(s) du jour : Saint Justin (mort vers 165 ) , patron des philosophes .
C'est avec la même jubilation coupable que celle ressentie un certain soir d'un certain 21 avril d'une certaine année 2002 que j'ai vu apparaître le résultat du dernier référen(biben)dum voulu par notre éternellement abracadabrantesque président . Jubilation qui ne fait que s'amplifier face à la mine déconfite des zéros-positifs de droite et de gauche . Ah ils font bien la gueule ces humanoïdes de cabinets ! Les poings serrés sous la table ils semblent pester intérieurement contre ces "CONS" ( le mot est du Grand Jacques ) qui osent , une fois de plus , voter à l'envers . S'ils s'exprimaient , sûr qu'ils diraient à peu près la même chose que Montalte ...
Jubilation qui retombe bientôt , lorsque j'aperçois les tronches radieuses des Nono (l'enflé postal a dû nous faire une belle carte de France dans son nouveau boxer équitable ... l'autre vendéen n'en finit plus de glousser ... ce soir , pour le coup , il honorera Madame ! ) .
J'éteins vite la télévision et décide de rendre hommage au suffrage universel en écoutant Léo Ferré " Ils ont voté "...
Ils ont voté , et puis après ?
Après , au siège du PC , comme au FN et au MPF , les jeunes homo-festivus bourgeois de tous bords dansent le rock (!) , comme des cons , sur de la musique de merde ...
Messieurs les bretteurs de la blogosphère , vous citez Bernanos ( qui n’avait rien demandé ) pour nous parler du « peuple » ( cet éternel berné , humilié ) mais pouvez vous préciser ? Bon peuple idéalisé ou classe dangereuse ?
Ecoutons ce que nous dit Ortega y Gasset :
« En résumé , le fait social que nous analysons ici est le suivant : l'histoire européenne semble , pour la première fois , livrée aux décisions de l' « homme vulgaire » ; ou si l'on veut , en tournant la proposition dans la voix active : l'homme moyen , que l'on dirigeait autrefois , a résolu de gouverner le monde . Cette résolution d'occuper le premier plan social lui est venue automatiquement , dès que parvint à maturité le nouveau type d'homme qu'il représente . Si l'on étudie la structure psychologique de ce nouveau-type d'homme masse , en tenant compte des répercussions qu'il provoque dans la vie publique , on y relèvera les caractéristiques suivantes : en premier lieu , l'impression originaire et radicale que la vie est facile , débordante , sans aucune tragique limitation ; de là , cette sensation de triomphe et de domination qu'éprouvera en lui chaque individu moyen , sensation qui , en second lieu , l'invitera à s'affirmer lui-même , tel qu'il est , à proclamer que son patrimoine moral et intellectuel lui parait satisfaisant et complet . Ce contentement de soi-même l'incite à demeurer sourd à toute instance extérieure , à ne pas écouter , à ne pas laisser discuter ses opinions et à ne pas s'occuper des autres . Cet intime sentiment de domination le pousse constamment à occuper la place prépondérante . Il agira donc comme s'il n'existait au monde que lui et ses congénères . Aussi - en dernier lieu - interviendra - t – il partout pour imposer son opinion médiocre , sans égards , sans atermoiements , sans formalités ni réserves , c'est-à-dire suivant un régime d' "action directe" . »
José Ortega y Gasset , « L’époque du señorito satisfait » , La Révolte des Masses
Le « señorito satisfait » me débecte , qu'il dise Oui ou qu'il dise Non .
Et je suis triste que quelques nobles esprits aient tout de même pris part à cette mascarade . Mais que diable alliez - vous faire dans cette galère?
Sursaut ? Renouveau?
Avec Fabius (qui a déjà quelques positifs à son tableau de chasse …) et les autres hurluberlus ?
NON ! La révolte des garçons coiffeurs !
Résultat : on vire la créature du marais poitevin pour la remplacer par le brushing poivre et sel de l'escogriffe poète-pouet né ... coiffé .
Et dans deux ans , le peuple de France votera Sarkosy …
« On a volé leur patrie aux Français (…) La France ne ressemble plus aux Français , elle n’a ni leurs vertus , ni leurs vices , ni aucun de ces défauts qui leur sont plus chers que leurs vices ou leurs vertus , elle ne parle même pas leur langage , elle ne dit rien , elle est l’idole muette d’un peuple bavard . »
Georges Bernanos , Les Enfants Humiliés
20/05/2005
Mauvais genres : chronique d'une mort ou d'une reprise annoncée

Saint(s) du jour : Saint Bernardin de Sienne (1444)
Je profite de ce blog pour relayer l' appel lancé par l'administrateur d'un site auquel je tiens beaucoup et que vous connaissez sans doute déjà tous , j'en suis sûr : MAUVAIS GENRES . Il serait dommage de voir de nouveau disparaître un site de qualité . Bonne lecture !
« 6 ans. 6 ans que j’anime bénévolement Mauvais genres . 6 ans extraordinaires. Vraiment.
Mais aussi 6 ans avec des semaines de 20 à 30 heures consacrées aux seuls mauvais genres. Cela tourne donc à l’obsession. Il est temps de tourner la page.
J’ai prévu d’arrêter Mauvais genres fin juin.
D’ici là, j’espère votre participation et surtout je vais tout faire pour trouver un « repreneur ».
Ce ne sera pas facile car je n’ai pas travaillé l’aspect juridique et financier du site privilégiant l’expérience de la mutualisation. Aussi je fais à appel à tous les membres de cette liste. En premier, j’espère un soutien du côté des bibliothèques voire de l’université. Je ne désespère pas que Mauvais Genres puisse être repris ou soutenu par une institution.
Mais je ne suis pas contre la reprise par une équipe de bénévoles, bien sûr à certaines conditions respectueuses de l’esprit du site. Aussi, n’hésitez pas à me donner des pistes pour pérenniser cette expérience et à m’envoyer
vos propositions. Je suis prêt à étudier toutes les solutions.
Pour info.
Informatique :
Mauvais genres, c’est 800 Mo de données, 1 GO de transfert, 4000 visiteurs et 12000 pages téléchargées par jour. Cela demande donc de vraies compétences informatiques : codage html, installation, paramétrage et utilisation de scripts PHP/Mysql, connaissance de linux, exportation de base sql toutes les semaines, traitement d’images, compression de son et de vidéo... et j’en passe. N’ayant pas les moyens de payer un serveur dédié, j’ai mis en ligne le site sur un hébergement mutualisé. Or toute l’astuce a consisté à faire comme si Mauvais genres est hébergé sur un serveur dédié en privilégiant le codage html et les petites bases mysql. L’équipe qui reprendra Mauvais genres devra faire évoluer le site en mode dynamique.
Réseau :
Mauvais genres est une passerelle entre universitaires et passionnés, entre tous les acteurs du livre (bibliothécaires, éditeurs, auteurs, libraires, festivals) avec au cœur de la mutualisation, le lecteur. C’est une démarche d’ouverture. Je tiens à écrire qu’il n’y a pas de chapelles, pas de pape… Contrairement à d’autres sites collaboratifs, il n’y a pas de problème de participation. L’originalité est l’association liste de discussion- site internet. Certes, cela demande une intervention humaine pour mettre en ligne les données. Mais celles-ci sont alors mises en valeur par un classement astucieux. La réactivité est encouragée par la rapidité de la mise en ligne. Toutes les semaines, il y a des abonnés pour publier des chroniques. Les rencontres mensuelles avec les auteurs, la mise en ligne hebdomadaire d’Enjoy polar structurent la vie du site. Par ailleurs, de plus en plus d’interviews, portraits, retranscriptions de débats sont proposés spontanément par les abonnés.
Il existe plus de vingt rubriques sur Mauvais genres. Il serait fastidieux de s’arrêter sur le mode de fonctionnement de chacune d’entre elles. La revue de presse, l’agenda et le répertoire de sites sont très visités.
L’espace jeunesse prend un nouvel essor depuis qu’il est devenu interactif : je note une participation de plus en plus importante des enfants. Les partenariats avec des associations et des festivals renforcent encore la
richesse de contenu.
Engagement littéraire :
Le polar et la SF sont certes des littératures de distraction. Mais elles ont aussi un sens.
J’ai donc tenté de résister au marketing que ce soit le rouleau compresseur utilisé par certains éditeurs ou la culture utilisée comme opération de communication pour redorer le blason des collectivités. Les livres vendus
comme des savonnettes j’exècre. Les festivals, coquilles vides sans public, idem.
J’ai aussi essayé d’encourager l’esprit critique. J’ai donc toujours soutenu la publication de critiques négatives. Je crois celles-ci nécessaires.
Malheureusement, je crois avoir échoué de ce côté-là.
L’engagement a été jusqu’à héberger deux fois une pétition pour soutenir Cesare Battisti. Alors que j’étais contre la stratégie médiatique employée, je suis sans doute celui qui a reçu le plus de lettres d’insultes. Je tenais aussi à l’écrire.
L’originalité de Mauvais genres est le mélange des genres. Je crois que les amateurs de polar et de SF ont des approches littéraires différentes. La confrontation enrichit le débat.
Vous - bibliothécaires, auteurs, éditeurs, membres d’association, lecteurs, universitaires, libraires, et j’en oublie -, vous êtes nombreux à soutenir et à parler de « ce site irremplaçable ». C’est donc un nouvel appel urgent que je vous adresse : assurer la continuité de Mauvais genres après mon départ. Il serait dommage que de telles archives disparaissent. Il serait aussi dommage qu’un espace de promotion de la lecture, une telle aide aux acquisitions des bibliothécaires et des lecteurs soient cassées. Il serait con qu’un tel média meurt.
Aussi, j’attends vos propositions, je compte sur vos relais pour faire en sorte que ce site perdure.
Bernard Strainchamps»
09:15 Publié dans Litteratures | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
16/05/2005
Blues for Eddie
Saint(s) du jour : Saint Simon Stock (1164-1265), Saint André Bobois (+ 1657), Saint Jean Népomucène (+ 1383), Saint Honoré (IVème siècle)

Deux pépites , en hommage à Barclay :
- Jo Boyer & Eddie Barclay - Thème de Bob ( BO du film de Melville " Bob le Flambeur " )
- Eddie Barclay et son orchestre - Boum bada boum
00:35 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12/05/2005
DIG !
Saint(s) du jour : Saint Achille de Larissa (+ 304), Saint Epiphane (+ 403), Sainte Imelda Lambertini (+ 1333), Saint Pancrace (IVème siècle)
Dig !
Documentaire d’ Ondi Timoner (2004)
Ondi Timoner est une réalisatrice américaine qui a filmé pendant 7 ans la vie de deux groupes amis ( au départ tout au moins ) : The Brian Jonestown Massacre et The Dandy Warhols . Sur fond de jalousie , d’admiration réciproque et de paranoïa elle dresse avec brio les portraits croisées de ces deux « gangs » , en suivant les pathétiques mésaventures des losers magnifiques , éternels adolescents et ingérables drogués ( The Brian Jonestown Massacre ) et l’ascension faite de multiples concessions des plus sages , des plus pops , des plus consensuels ( plus malins ? ) Dandy Warhols , d’ailleurs découverts par les Brian Jonestown .
Si Courtney Taylor , chanteur et unique compositeur des Dandy Warhols est la voix off de ce documentaire à la fois drôle ( la vie quotidienne parfois absurde d’un groupe de rock , les conflits d’ ego ) , tragique ( la santé mentale et l’hygiène déplorable d’un groupe de drogués ) et instructif ( les rapports entre le music business et les musiciens-artisans ) , c’est Anton Newcombe , leader des Brian Jonestown Massacre , qui focalise toute notre attention . Etre extrêmement charismatique , autodestructeur et totalement déséquilibré , « génie pour les uns , mégalomane pour les autres , junkie pour tous » , il est un compositeur très ( trop ) prolixe ( 4 albums par an environ … ) , entretenant une fixette sur le psychédélisme des années 60 , persuadé qu’il est le meneur d’une révolution musicale sans précédent . Il mène tant bien que mal ( plutôt mal que bien d’ailleurs ) son équipe de camés ( Joel Gion , joueur de tambourin ( ! ) et « porte- parole de la révolution » ( !! ) , aujourd’hui dans The Warlocks , est le plus hilarant de tous … ) . Il faut voir ces types se foutre sur la gueule et quasiment s’entretuer devant un parterre de businessmen ahuris , au beau milieu du premier morceau d’un concert difficilement mis en place pour les maisons de disques par leur manager afin de leur faire signer un contrat . Concerts sabordés ou durant plus de 10 heures de suite , émeutes dans la salle et bagarres générales , tel est le quotidien des Brian Jonestown , rocks stars et bouffons hilares flottant dans un délire narcotique . Pour vous donner une idée , voici comment Ondi Timoner les présente :
« C’est comme si tous ces mecs avaient lu une , ou plutôt dix biographies des Rolling Stones et avaient calqué leurs vies dessus ! Il faut quand même voir qu’ils vivaient totalement en dehors de la société , sans voiture , ni maison , ni famille . Et ils s’en foutaient . »
En définitive , Dig ! est un des meilleurs documentaires sur le rock que j’ai pu voir , loin des produits marketing MTV , et qui , espèrons le , permettra à Anton Newcombe de vendre quelques albums supplémentaires ( pour se payer quelques fix d’héroïne , évidemment ) . Il serait dommage , en effet de passer à côté de ces disques où on a l’impression d’entendre Dylan accompagné par le Velvet Underground reprennant les Rolling Stones époque Beggar’s Banquet ( ou le Velvet reprendre Dylan , ou encore les Stones reprennant le Velvet , au choix … ) .

Plus de renseignement , des images et du son sur le site français du film DIG ! ou sur le site officiel
Les albums des Brian Jonestown Massacre sont disponibles sur leur site officiel
Visitez aussi le site des Dandy Warhols.
12:40 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
11/05/2005
Pourquoi lisez-vous ? ( 6 ) par Jean-Plume

Saint(s) du jour : Sainte Estelle (3ème siècle), Saint François de Girolamo (+ 1716)
Suite de l'enquête , avec le texte de l' ésotérique ami Jean-Plume , entre autre survivant des fils d'Israël ...
Merci à lui . Merci aussi à Mercutio qui y participe de son côté ici et là .
« Pourquoi je lis ?
Lire est, à mon sens, un processus initiatique moderne, qui, pour chaque chercheur de vérité, revient à écouter son intuition profonde, autrement dit l’aspect le plus irrationnel de sa personne.
En ce qui me concerne, tout est parti du goût de la lecture, que m’a insufflé mon cher père.
Après une période de lecture subie (les classiques à potasser), vint la lecture passion. Ce fut l’attrait d’un titre, qui me conduisit à découvrir une philosophie de vie (le bouddhisme pour ne pas la citer), puis d’autres auteurs, qui eux-mêmes renvoyaient à d’autres auteurs, à d’autres modes de pensée, à d’autres formes de religions. Et c’était parti pour la grande aventure de la vie, de ma vie…
A ce jour, j’ai écumé plus d’une bibliothèque, suis un client fidèle des bouquinistes et autres temples de la consommation moderne. Je dois avouer que ma préférence porte souvent vers ce qui m’est essentiel (à mieux me connaître): les espaces consacrés à l’ésotérisme, aux sciences sociales / humaines et aux grandes religions.
Il y eu, dans ce cheminement merveilleux sans fin, des périodes de sécheresse…mais je sais maintenant que ce furent des temps d’assimilation et de digestion.
Evidemment, je place la lecture sur le rayon d’un cercle qui est celui de la Culture. Le cinéma, la télévision (de moins en moins), la musique, les rencontres de la vie, l’internet, en constituent d’autres, et chacun d’eux converge vers un centre, un point, qui ne peut, à mon sens, qu’être « religieux », c’est à dire « relié à » l’incommensurable, l’indéfini, l’indescriptible, l’innommable.
Pourquoi j’écris ?
Je m’aperçois aujourd’hui que ce processus d’« acculturation » (et je revendique des choix à la fois élitistes et populaires), et j’emploie ce terme dans son sens originel, n’a eu pour seul but que de me remettre en connexion avec une mémoire archaïque, ancestrale, dont les racines sont universelles, que possède tout être humain digne de ce nom.
J’écris donc pour expliquer ce que j’ai compris et assimilé des enseignements fondamentaux, en cette période de troubles, de doutes, et à l’aube, je le crois, de changements radicaux annoncés depuis toujours, dans le cours de l’évolution du monde.
J’espère juste pouvoir, par ce biais, toucher quelques âmes sensibles, celles qui se reconnaîtront dans mes propos…ou pas !
Cher Tibolano, comme vous le savez sans doute, « beaucoup de premiers se feront derniers …et ils seront Un ».
Je constate, contrairement à d’autres, que vous avez bien saisi l’essence de ce message, puisque vous le mettez en pratique ces derniers temps. Je vous souhaite pour la suite des événements, de poursuivre un droit chemin.
Jean-plume,
simple serviteur au service du Très-Haut.»
10:10 Publié dans Pourquoi lisez - vous ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09/05/2005
Livres du jour
Saint(s) du jour : Saint Pacôme (+348)
Après une semaine chargée , je prends quelques minutes pour vous présenter quelques livres achetés ce matin , étalage de culture « réac » , où l'on retrouve toujours plus ou moins les mêmes auteurs , ce qui ne pourra que réjouir le Con Sanguin , qui s’il avait lu Buena Vista Park de Renaud Camus au lieu de perdre son temps à tenter de faire l’intéressant sur son blog , saurait qu’il n’est , comme nous tous , qu’un degré bathmologique de plus ( allez hop un petit étalage culturel superficiel de plus qu’il pourra dénoncer ! ) . Voici donc quelques ouvrages à vous procurer au plus vite , si ce n'est déjà fait !
Georges Bernanos - Le Crépuscule des Vieux ( 1956 )
Recueil de textes inédits , parus dans la presse et difficiles à retrouver , qui s’échelonnent de 1909 ( Bernanos avait 21 ans ) à 1939 ( il venait d’arriver au Brésil ) .
Explication de son œuvre de romancier , commentaires de lectures , notes sur la poésie ou sur quelques événements contemporains , ces écrits de circonstances permettent de suivre une longue évolution : ; mais il montrent aussi la remarquable permanence d’une même vocation d’inquiétudes toujours semblables , et d’un ton qui a pu s’affermir , non pas changer profondément .
Ce recueil se divise en 5 parties :
1. Le Prince de ce monde (1926-1927)
2. Sur la Poésie ( 1928-1939)
3. Lectures et Spectacles (1909-1934)
4. Primauté de la Peur ( 1928-1930)
5. L’Esprit de Vieillesse (1931-1932)
Pier Paolo Pasolini – Les Ragazzi ( 1955 )
Ecrivain , poète , critique , scénariste , acteur et réalisateur italien , Pier Paolo Pasolini est né à Bologne en 1922 . Journaliste au quotidien catholique Il Quotidiano , il fréquente à Rome le lumpenprolétariat des faubourgs , dont il s’inspire largement dans ses œuvres . Le réalisme de son premier roman Ragazzi di Vita suscite le scandale et la controverse .
" De l’enfance à l’adolescence le Frisé n’a guère connu de la vie que l’image impitoyable qu’en offrent au lendemain de la guerre les quartiers populaires de Rome . dans une fresque plus cruelle que pittoresque , Pasolini évoque autour de son héros un monde de gosses prématurément mûris par l’apprentissage des petits délits , les jeux dérisoires de la ruse et du courage , l’école de la misère et des caïds .
Avec un réalisme qui fit scandale lors de la parution du livre , l’auteur saisit sur le vif , à travers une série de scènes expressives , des êtres goguenards et désemparés dont la destinée va du bidonville au terrain vague et de la rue à la prison . Le Frisé vieillit trop vite de se laisser si souvent berner et de passer de combine en combine à un éternel désenchantement . Sans se départir d’une verve narquoise , il mêle à sa désinvolture un peu trop de sentimentalité et la mort de Marcello , le suicide d’Amerigo , l’étrange résolution de Futfutte assassinant un chauffeur de taxi le confirment dans une sagesse faite de désespoir , de résignation et d’insouciante prudence."
Michel de Saint-Pierre – Les Aristocrates ( 1954 )
Oeuvre de Michel de Saint-Pierre qui eut surement le plus de succès . A voir : l' adaptation au cinéma de ce roman , par Denys de la Patellière ( Les Grandes Familles , Un Taxi pour Tobrouk …) , où l’excellent Pierre Fresnay tient le rôle du Marquis de Maubrun , tiraillé entre le respect et la défense de traditions séculiaires de la noblesse et les aspirations à la "modernité" de ses enfants .
Klaus Kinski – Crever pour Vivre (1975)
A 15 ans , sans avoir jamais vu un seul de ses films , j’avais été impressionné par la lecture de ces mémoires de Klaus Kinski , prêtées par une professeur de français qui devait bien voir une idée derrière la tête … Je me souviens bien qu’à l’époque , j’imaginais tout à fait le jeune Klaus ressemblant à l’enfant interprétant le rôle principal du film de Volker Schlöndorff , Le Tambour , que je venais de visionner . Cette gueule de pervers m’a durablement marqué et c’est avec grand plaisir que je vais me replonger dans les frasques de ce fou véritablement furieux . ( Pour les curieux , lire l’interview de Kinski par Claire Clouzot en 1976 )
« "Désordre et génie" : la tentation est forte d'emprunter ce titre à Alexandre Dumas père pour présenter Klaus Kinski. La formule de Dumas concernait le comédien Edmund Kean, célèbre interprète de Shakespeare. L'acteur allemand Kinski a joué aussi Shakespeare à ses débuts, mais 139 ans séparent sa naissance de celle de Kean : entre-temps le 7e art a été inventé et Kinski a délaissé le théâtre pour le cinéma.
Il a déjà un nombre impressionnant de films à son actif : des policiers aux « westerns spaghetti » en passant par les films de Werner Herzog Aguirre, ou la Colère de Dieu (1972) où son jeu hallucinant incite le metteur en scène à parler de génie, suivi de Woyzeck et Nosferatu dans lesquels il révèle un talent tout aussi fantastique.
D'où vient ce magnétisme qui le catapulte au premier rang des vedettes mondiales ? Peut-être de son désordre, justement. Du désordre que décrit sa provocante autobiographie parue en 1975 et traduite en 1976 sous le titre : Crever pour vivre. Né en 1926 à Nappot en Pologne, Kinski (Niklaus Nakszynski) s'est forgé sur l'enclume de la misère et de la seconde guerre mondiale. Enrôlé à seize ans dans l'armée allemande, capturé par les Alliés en 1944, il se découvre un talent pour le théâtre où il entame une carrière. Il débute au cinéma en 1948, quitte l'Allemagne pour vagabonder en France, refait du théâtre en 1951, puis du cinéma à partir de 1955. Il tourne dans plusieurs pays, notamment l'Italie, joue un rôle épisodique dans Docteur Jivago de David Lean (1966), puis sort de l'ombre avec les films de Werner Herzog.
Le Grand Silence (1968) est le premier film qui a attiré sur lui l'attention en France. Entre autres suivront : Justine de Sade (1968); L'Important c'est d'aimer (1974); Mort d'un pourri (1979)… »
Addendum : Félicitations à Doña Letizia et au prince des Asturies .
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