29/07/2005
Festival Dour 2005

Fête de Ste marthe (m)
Saint(s) du jour : Ste Marthe, vierge (1er s.), Bx Urbain II, pape (+ 1099)
Ne pouvant me rendre au Festival de Dour cette année ( contrairement à l'année dernière , cf ici et là ) , j'ai chargé tout spécialement Nicolas Rehby , notre Hunter S. Thompson national , du compte rendu de cette édition. C'est donc bien " chargé " , et après avoir tout " rendu " , qu'il nous livre ici son bilan .
Pour accompagner votre lecture , je vous ai concocté un mix spécial Dour 2005 , qui suit le périple musical de notre ami festivalier. Ecoutez le en cliquant ICI . En voici la "playlist" :
Isis - Carry
Hexstatic - Deadly Media
Robot in disguise - She's a color scientist
Cult of Luna - The Watchtower
Team America - America Fuck Yeah
Laibach - Tanz mit laibach
Amon Tobin - Deo
Slayer - Raining Blood
25 ta Life - Strength Trough Unity
Plastikman - Disconnect
Mylo - Zenophile
Napalm Death - Hung
Alec Empire - Suicide
John Spencer Blues Explosion - Bellbottoms
Didier Super - Y'en a des biens
Merci donc à Nicolas Rehby et à Raphaël Juldé d'avoir répondu à mon invitation .
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DOUR 2005
Avant de partir en périple à l’étranger, c’est bien connu, il est conseillé de consulter un guide! Je me suis donc plongé dans “Belgique” de Charles Baudelaire. Et voilà entre autre ce que j’ai pu apprendre sur ce peuple ma foi fort étrange:
le belge a été coupé en tronçon; il vit encore. C'est un ver qu'on a oublié d'écraser.
Il est complètement bête, mais il est résistant comme les mollusques."
"Affreuse laideur des enfants! Pouilleux, crasseux, morveux, ignobles. Laideur et saleté. Même propres, ils seraient encore hideux.
Les belges sont un peuple siffleur,comme les sots oiseaux."
"les belges ne savent pas marcher. Ils remplissent toute une rue, avec leurs pieds et leur bras. N'ayant aucune souplesse, ils ne savent pas se garer, s'effacer, ils heurtent l'obstacle lourdement.
Les belges marchent en regardant derrière eux. On dirait qu'une niaise curiosité tire leur tête en arrière, pendant qu'un mouvement automatique les pousse en avant. - Un belge peut faire trente ou quarante pas, la tête retournée, mais infailliblement vient un moment où il se cogne à quelqu'un ou à quelque chose. j'ai fait bien des circuits pour éviter des belges qui marchaient."
"la femme belge : Un nez de polichinelle, un front de bélier, des paupières en pelure d'oignon, des yeux incolores et sans regard, une bouche monstrueusement petite, ou simplement une absence de bouche (ni parole, ni baiser!), une mâchoire inférieure rentrée, des pieds plats, avec des jambes d'éléphant (des poutres sur des planches!), un teint lilas, et avec tout cela la fatuité et le rengorgement d'un pigeon."
Je me suis dis qu’après tout, je n’allais qu’à un festival et que je n’avais finalement pas trop à m’inquiéter! Tant que leurs frites ne leur ressemblent pas!
Jeudi. Jour 1.
Voiture, autoroute, rien d’intéressant. Bien sûr, en arrivant, c’est le bordel. Il faut aller se garer, prendre les affaires, récupérer les pass, aller au camping, la merde quoi! Surtout qu’il est 15h30 et qu’il y a Isis à 19h25. Je commence par m’enfiler une gorgée d’assoiffé d’absinthe pure croyant trouver une source de joie et de rafraîchissement en pensant que ce liquide vert est une menthe à l’eau bien fraîche! Eh oui, ça commence bien. Je suis censé survivre 4 jours, je le rappelle pour les retardataires ou les incultes, voir les deux (oui, il y en a. Dieu est un joyeux drille!). Après maintes péripéties aussi fascinantes que dans le très bon livre “Vendredi ou la vie sauvage” (lisez un peu, ça vous fera pas de mal et ça me fera gagner du temps!) nous voilà à planter nos tentes au bord des barrières!! Nous sommes tout au bout du camping. Ça nous fera de la marche. Voilà, tout est monté, en ordre, il est 19h, nous arriverons pile à l’heure pour Isis qui est sur la scène la plus éloignée, c’est à dire le plus loin de là où nous sommes!! Ah ces festivals! Excellent concert! Très bon groupe. Je préviens, je dirai ça tout le temps. Y a pas autre chose à savoir! A la fin de ce très bon set, je regarde mon programme et je me dis que Dour, quand même, c’est pas de la merde! Après cette réflexion hautement philosophique, retour à la tente! Il s’agit de s’alimenter copieusement en vue de boire comme un trou en déambulant de concerts en concerts et être capable de rejoindre sa tente en pilote automatique dans les alentours de 5h du matin. Ce repas est dérangé par une horde de campeurs surnuméraires! Il faut virer les grilles et agrandir le camping, trop de monde et pas assez de places! Nous voilà donc au milieu du camping! plus de point de repère. Raison de plus pour bien manger aurait sûrement lâcher le vieux Buk en pareille situation.
Nous voilà donc parti avec une bouteille de rhum chacun, du pinard dans le ventre et de quoi accéder à quelques paradis artificiels.... Hexstatic, même scène qu’Isis. Des écrans passant des films de danses kitchissimes au possible. Des remix drum’n’bass absolument improbables tels que 50 Cent, “These boots are made for walking” ou encore un vieux Beastie oublié. Un très bon moment rock’n’roll avec Jimmy Page et Queen. Une demi-heure bien motivante avant d’enchaîner avec Vitalic, grande scène. Énorme set! Après ça, un détour par (t)EkËl, complètement nul! Vraiment pourri, rien à ajouter! Décide donc d’aller prendre le gros son de Jeff Mills dans le oreilles afin de faire monter le rhum. Il est l’heure de rejoindre Jaga Jazzist, “des gens du froid qui font de la musique chaude” nous prévient-on. Pas mal, mais un peu cacophonique (au moins 12 gars sur scène). Au bout d’une demi-heure, je décide d’aller voir DJ Hype, le type de Ganja Kru. Grosse claque!!! 1 h de grosse Drum’n’bass avec un beat hard-tech!! Parfait pour suer le rhum!! Vraiment de la musique d’idiot, le but étant de perdre le plus de neurones possible avant de faire n’importe quoi. Ça marche à merveille, j’ai testé pour vous. Après ça, je me retrouve à Herbaliser, plus calme! Je rencontre Julian par hasard, défoncé et près à partir rejoindre son lieu de récupération. Il reste avec moi à Herbaliser, assis dans l’herbe à 10 mètres du chapiteau, parfait. Je fini ma nuit en écoutant The Hacker. Il est temps de rentrer dormir. Sur le chemin du retour, je découvre le bon plan du festoch. La “relax-zone”!! C’est la zone où les foncedés viennent s’effondrer. Ils donnent de l’eau, du café, lits de camps... Je vide un litre d’eau (je n’avais qu’un litre de rhum pour ma soirée...), et je vais me coucher.
Vendredi. Jour 2.
Réveillé par la pluie. Ah non, pas ce coup là! me dis-je en me dressant de mon duvet! je décide de me rendormir pour oublier ce cauchemar!! Deux heures, plus tard, c’est le soleil qui me réveille. Merde, ai-je réellement cauchemardé ou la pluie est-elle vraiment tomber? En mouillant et tout? Suis-je seulement en vie?!?! Penser à moins boire, les réveils sont un peu durs conclus-je... Il y a Lofofora à 15h20, il est 12h. Première chose, aller taxer du café à la relax-zone. je sais, j’suis un crevard. Mais je suis poli! Un peu comme le Christ. Je dis “nourrit moi. Si tu veux pas, c’est pas grave, je demanderai à ton voisin. Y en a bien un qui va me filer à manger ou un peu de café quand même merde!!! On est p’être au milieu du désert, mais putain, y a bien un truc à bouffer quelque part bandes de crevards!!”. Enfin je dis pas tout à fait ça, mais le Christ oui! Dans les termes de l’époque bien sûr, mais bon, en gros, c’est bien ce qu’il a dit! Quel manque d’éducation, vous reconnaîtrez. Il fait honte à son père. Enfin, passons et buvons notre café! Voilà, bon, je vais pas vous emmerder avec les aller-retour, les concerts, tout ça, c’est chiant et trop répétitifs au niveau du style. Grosse fête sur The Experimental Tropic Blues Band, set rigolo de Robots in Disguise. Cult of Luna valait vraiment la peine! Fantômas est arrivé sur scène avec “America! FUCK YEAH!”, ce qui m’a beaucoup fait rire et motivé à boire mon rhum! Pas de Dave Lombardo (le batteur de Slayer pour les crétins du début qui seraient resté toujours aussi cons) mais c’est le guitariste de Melvins qui officie à la 6 cordes (une guitare comporte 6 cordes! Y en a vraiment, faut tout leur dire!). Après une demi-heure de n’importe quoi musical, l’heure sonne enfin d’aller voir Laibach (Nom de Ljubjana à l’époque de l’Autriche-Hongrie) sur la grande scène. Je les avais déjà vu à la Locomotive en décembre et j’en avais gardé un bon souvenir. Les deux magnifiques femmes en couettes tapant en rythme sur les caisses claires à la façon des parades militaires, ça, c’est un grand moment! Et quelles femmes! Autour de nous, certains se demandent vraiment ce que c’est que ce groupe! Seraient-ils fascistes? Bref, je suis complètement défoncé et le concert est très puissant. On peut faire le jeu de mot pourri: ça “Tanz mit Laibach!” Fin des hostilités. A partir de ce moment j’avoue avoir complètement oublié ce que j’ai fait. Je ne sais pas comment j’ai navigué d’une scène à l’autre!! Je me rappelle juste avoir vaguement entendu Anthrax et apprécié la beauté de la chanteuse de Vive la Fête !! Black-out!! Ce dont je me rappelle, c’est de m’être dressé comme un seul homme lorsqu’ Amon Tobin à lancé “Rainin’Blood” de Slayer (le groupe de Dave Lombardo, celui qui est censé être le batteur de Fantômas. Non? Personne suit ou quoi??) pour clôturer son set. Les gens qui m’observaient vautré par terre depuis un certain temps doivent se poser bien des questions, mais moi, Slayer ça me rend con! Surtout bourré! C’est incroyable car cette chanson est devenue une sorte de classique. Tout le monde connais cette chanson! Avant y avait que quelques coreux qui reprenaient ça dans une cave afin de raviver un pit faiblard. Maintenant, j’ai l’impression d’entendre ça partout! Slayer pour clôturer un set d’électro!!! le pire, c’est que ça sonne! C’est très bizarre d’être habitué à une sonorité et de l’entendre dans un tout autre contexte! C’est un peu comme de voir un noir avec l’accent belge! Ben oui, prenez un noir habillé banlieue parisienne (j’en vois toute la journée, je sais de quoi je parle). Vous êtes habitué à l’entendre parler d’une certaine manière, c’est un peu comme un label qualité. Du coup, voir le même type parler belge, ça choque! C’est un peu comme un blanc parlant petit nègre, ça fait rire les domestiques. C’est moins drôle qu’un 50 Cent parlant québécois, je vous l’accorde, mais ça vaut le coup. Bref, passons ces considérations linguistiques qui vont encore me valoir l’étiquette fort collante de “raciste” et revenons à nos moutons (bien blancs.... non? ok, c’est nul). Je n’ai bien sûr absolument pas remarqué que Mike Patton a rejoint la scène pour gueuler dans un micro! Ah heureusement que certains ont une lucidité, ça me permet de rajouter des anecdotes... Un p’tit tour à Mylo, négociation ardue avec un indien pour une assiette de riz piquant et me voilà assis à profiter des basses profondes et sombres de Richie Hawtin a.k.a Plastikman. Il est enfin temps de rentrer dormir après une journée arasante et une cuite sévère! Je retrouve Julian à la tente qui m’offre un p’tit pète de weed à la belle étoile. Je ne me rappelle même plus comment je me suis endormi. Sans doute en fermant les yeux...
Samedi. Jour 3
Aujourd’hui, journée Hardcore!! Born from Pain, Diecast, 25 Ta Life et Napalm Death!! Quelle belle invention que les boulquiès! Nico c’est fracassé le dos. Je le retrouve à 9 h à la relax-zone. Il a dormi sous Valium le salaud!! Je demande au type si je peux finir ma nuit sur un bon lit parce qu’il fait trop chaud sous ma tente. Bien sûr, il m’offre l’hospitalité et du coup, deux heures de bonheur! Après un bon café, le type me demande si je peux quand même remplir une fiche statistique pour son organisation, je ne sais pas trop. J’accepte fort volontiers. Il me demande ce que je prends comme drogue, à quelle fréquence, etc... je lui dis que je bois. Il me demande si régulièrement. Je lui réponds: “comme un français moyen, je bois du vin à presque chaque repas!”. Le type me regarde complaisamment et me remercie pour les quelques instants que j’ai bien voulu lui accorder. je reprends un café et lui dis de rien. Après Born From Pain, c’est à 15h45 que j’ai vu Jésu. Oui, Jésu était à Dour. Mais c’était pas terrible. Décevant même. je préfère encore une bonne messe! Je vais donc suivre la fin du set de Diecast. Et deviné par quoi ils ont concluent leur set? “Rainin’ Blood” ! Comme c’est original! Après ça, je traînasse à droite à gauche en attendant le set de 25 ta Life! Je les ai déjà vu 3 fois, mais c’est mon groupe de Hardcore préféré! J’écoute ce groupe depuis que je suis en seconde! Et j’ai pas fait de pit depuis Hatebreed en octobre, ça me manque. Les types arrivent sur scène tout décontractés. 25 Ta Life, c’est une institution! Ces gars ont fait le tour du monde, tous les gars qui écoutent du hardcore les connaissent mais ils jouent toujours à 17 h dans les festoch!! Et c’est tout le temps blindé!! Hardcore jusqu’au bout quoi. Un bon set, reprise de “Crucified”, un bon pit, pas mal de old school circle-pit pendant le set. Bon concert. Je fais une croix sur Walls Of Jericho et Murphy’s Law pour aller me restaurer parce qu’après, tout s’enchaîne jusqu’à 5 h et il va falloir tenir! Sur la route du camping, je récupère un tract présentant la journée et résumant la journée d’hier. J’y lis un article fort intéressant où j’apprends qu’ “Alain a toujours la frite”. C’est illustré d’une photo d’un type énorme avec une coupe de cheveux invraisemblable posté devant un tas de frites digne d’un sommet des Alpes et des pots de sauces. “Depuis 16 ans, il tient une des 5 ou 6 baraques à frites du festival. La cinquantaine enthousiaste, ce fan de rock en général et de Springsteen en particulier, s’émerveille toujours de la gentillesse des festivaliers.(...) Au hit parade des sauces? L’Andalouse, qui inonde les frites à raison de 30 à 40 litres par jour! “Toute l’équipe qui travaille sur Dour est composée de passionnés!” précise-t-il. Et il en faut de la passion pour nourrir chaque jour plus de 30 000 personnes, de 8h à 4h’ du mat’!” Je vous laisse imaginer dans quel état d’hilarité j’ai rejoins ma tente. Je tiens à préciser qu’avant d’être un motivé, c’est un enculé!! Il a refusé de filer une frite à 3 tickets le dimanche soir à une heure du mat’ à Julian qui était en chien!! C’est pas très commerçant tout ça quand on écoule des tonnes de frites par jour! Retour sur le site (cet aller-retour devient ennuyeux à force! Quoique ce matin, j’y ai croisé un type en slip mais qui se trimballait sobrement la bite à l’air! Un peu de distraction quoi.) pour la fin du set de Mass Hysteria. Furia!(pour ceux qui connaissent! les autres, merde! C’est pas de ma faute si vous connaissez rien d’autre que La Ferme, Jerry Springer et Plus Belle la Vie!). Il est enfin l’heure d’Alec Empire. Je ne m’adresse donc dorénavant qu’exclusivement aux personnes connaissant Atari Teenage Riot. Il est accompagné d’une charmante jeune femme aux machines dont je suis tomber amoureux d’un coup, comme ça. Alec Empire est l’incarnation de l’Homme, au sens “mâle”, des années 80, dont les milices fascistes gay se sont approprié le look pour tenter de satisfaire leur petites détresses orgasmiques - eh oui, car finalement, ils s’enculent entre eux! Ce n’est pas un Homme qui les encule, c’est un type comme eux mais déguisé en stéréotype de l’homme de leur rêve! Alors quand il me disent que je ne suis pas épanoui parce que je n’ai pas le mauvais goût de me faire enculer dans les coins, je pouf! - de petits-bourgeois. Alec Empire, donc, est châtain, musclé, grand, musclé, torse-nu avec un pantalon en cuir et des bottes! Le rocker cocaïnomane! Et il est désespéré de voir ce public de veaux! En regardant ça, j’ai réfléchi à une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment. L’artiste, disons le musicien, est un dictateur! Il doit être fasciste. L’essence de la musique est fasciste. Un musicien use de sons pour exercer un pouvoir absolu sur un auditoire, un public! Le public veut être mener à la baguette. Un musicien peut faire faire n’importe quoi à un public, à priori! Disons, que lorsqu’il y arrive, il exploite le mieux le côté fasciste de ce qu’il fait! Pourquoi croyez vous que la majorité de la programmation de Radio-Paris était composé de plages musicales!! Le problème, c’est que les musiciens aujourd’hui ne sont que des putes!! Ils remercient le public, ils participent à des “œuvres de bienfaisances”, etc. Ils ne soumettent pas leur public, ils le soumet parce qu’ils leur vendent un moment de soumission! Le vrai artiste, le vrai musicien doit avoir comme seul but de soumettre son auditoire, de le soumettre à accepter ce que lui aura décider qu’il accepte! Hitler aurait du arrêter la peinture et la littérature pour faire du piano! On regarderait aujourd’hui ses concerts au Stade Olympique comme on regarde le DVD de Queen à Wembley! Certains se trompent de voies dans la vie. Après ce très bon concert je rejoins la scène Dance-Hall où se produit Rahzel. Je ne parle désormais qu’à ceux qui connaissent The Roots! Ce type est hallucinant, il faut voir ça pour le croire! je reste une bonne demi-heure médusé, un sourire béat et faisant un petit mouvement de tête régulier. Reprise des White Stripes, de tout un tas de choses, battle contre le DJ... tout rien qu’avec la voix. Vraiment impressionnant. Après ça Tokyo Ska Paradise et The Young Gods!! Je traînasse un peu vers les comptoirs, tickets boisson en poche. Je passe devant Little Brother, 2 gros renois qui font du rap. Rien d’exceptionnel. Je remonte me taper 1h30 de Front 242. Je ressors le cerveau diminué. Et je me rend compte qu’il est l’heure de passer aux choses sérieuses! Dj Spinna, gros set hip-hop. De bons pass-pass, un bon mix, de bons scratchs. un bon set. Je me retape White Stripes pour la deuxième de la journée - mais sont-ils programmés? ils ne sont pourtant pas sur le programme! - et là, ce con balance “Smells Like Teen Spirit!”; Folie dans le public. Après Amon Tobin qui fini son set sur Slayer, voilà Dj Spinna qui termine sur Nirvana!! Alors, ça tue, mais si ça continue dans 10 piges ce genre de show va ressembler aux bals populaires de ma campagne natale où des vieux dansent sur les inévitables tubes de leur jeunesse à la con qu’on connaît tous par cœur bien malgré nous!! Enfin, C’est au tour d’A-Trak. Ce type a bosser avec DJ Craze, été champion du monde DMC, fait des trucs de malades. Il est impressionnant. Des pass-pass de dingues sur des breaks absolument improbables. Par contre, la nouvelle machine qui sample les scratchs et les rebalance la mesure d’après, ça claque, mais ça enlève du spectacle. Parce que là, il fait son scratch et hop, ça tourne en boucle pendant qu’il change de disque. Alors qu’à l’époque, Executionners, Q-Bert, tout ça, il fallait sans cesse qu’ils tabassent leur platines... Mais bon, ça permet d’autres trucs de dingues. Le grand problème des technologies! Il est 5h30 quand j’arrive à rejoindre ma tente. Nico est à la Valium-zone et Julian en a profité pour se foutre dans mon duvet! Je m’affale donc dans la tente laissée vide par Nico.
Dimanche. Jour 4.
Réveil très difficile! Complètement crevé, plus de voix!! Dès que je parle, j’ai l’impression d’avoir l’accent belge! Horreur! Il y a plein de représentant des peuples du nord. Des belges, des suédois, des (gr)hollandais, des danois. La sonorité de leurs langues respectives est inhabituelle à notre oreille. Cela donne une mélodie assez bizarre à appréhender. C’est très drôle. “Oek nji kaluür schwe njut!” hihihi. Je suis bien moqueur, désolé. J’ai appris le mot “oek”. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais vu que tout le monde le prononce tout le temps, ça doit bien vouloir dire tout et n’importe quoi! C’est le dernier jour. Il faut tout démonter, tout emmener à la voiture pour être prêt à partir sitôt Didier Super fini! Notre chauffeur bosse à 9h le lendemain! C’est dans ces moments là qu’on se met à fredonner “le lundi au soleil..” Repas à la Cooking Island. C’est une tente où il y a des micro-ondes à disposition. Pourris, certes, mais on est pas à Koh-Lanta merde! A cet endroit, un individu - qu’on nommera le temps d’observer l’expérience le “festivalier” - vient s’asseoir sur un banc jetant presque un plat rempli de quelque nourriture, tout en gardant la tête basse des matins pas frais et la bouche pendante. C’est à ce moment qu’un autre individu - nommé lui “bénévole” - prends le plat et le met dans un micro-ondes. La plupart du temps, le festivalier se présente avec des boites qu’il n’a pas les moyens d’ouvrir ou des pizzas. Le bénévole à ce moment prend tout et ouvre, prépare et met dans le fameux micro-ondes. Mélodie de sonneries... Au bout de quelques instants le bénévole apporte le plat au festivalier. Ce dernier sans même bouger la tête, jette un coup de fourchette rapide au milieu, goûte nonchalamment et repousse le plat en bredouillant un “c’est pas assez chaud” fort peu poliment, il faut bien l’admettre. Là dessus, le bénévole reprend le plat et repart à la besogne avec le sourire, comme il se doit! Quand le plat est enfin au goût du festivalier (il a quand même payé pour camper dans un champ merde!), celui-ci mange. A peine a-t-il terminé qu’il repart se défoncé la gueule en écoutant de la musique. Le bénévole arrive à cet instant afin de jeter les saletés laissées par le festivalier et va servir, tout naturellement (de toute façon, il a rien à dire!), un autre festivalier. A 18h15, mauvaise surprise. Liars est annulé! Nous nous rabattons sur The Faint. Intéressant. Je vais manger un espèce de plat conséquent en échange de 8 tickets (ce qui correspond à 5 euros.) avant d’être un peu rock’n’roll devant Blues Explosion. Concert Rock’n’Roll comme on les aime! Direction 13 & God. C’est un side-project des membres de The Notwist et Themselves. Chill-out assis au fond, magnifique! Après ça, direction Roots Manuva. Il y a un batteur, un bassiste, un clavier, un guitariste et un DJ. Voilà enfin le grand moment!! Didier Super!!! Pendant que nous prenons des pintes, des types beuglent “Y en a des bien!”. Ça promet! le chapiteau est blindé! Hallucinant. Didier lance un enregistrement d’un morceau débile. “Je veux être un star!” AHAHAH !! Il le renvoie trois fois de suite avant d’arriver sur scène!! L’ovation! Il enchaîne les chansons débiles, nous présente son pote Fabrice, traverse la fosse pour aller jouer de l’autre côté de la scène, au niveau de la table de son! Final délirant!! Ça hurle de partout!! Quand les types viennent déblayer pour l’autre groupe, ils se font matraquer de bouteilles en plastiques!! Tout le monde redemande Didier, qui est vraiment un type super! Incroyable, le concert le plus dingue est celui de Didier Super!! AHAHAH !! On aura tout vu!
Voilà, il est temps de rentrer à Paris. Pendant que nous nous éloignons du site, la voiture est emplie de la musique d’ “Ave Maria”. Ave maria, calme de l’autoroute, me voilà en train de réfléchir. Il est 5h00, Paris s’éveille. Je suis aux toilettes, lieu propice à la réflexion la plus grave. Je viens de passer quatres jours à m’abrutir de musique et d’alcool. Il faut se réadapter, reprendre le train-train. Spleen. Qu’est ce que j’ai foutu merde? Voilà comment j’ai comblé mon temps jusqu’à la mort. Un peu de remplissage. Les vers de Baudelaire trottent dans ma tête:
Épitaphe pour la Belgique
“On me demande une épitaphe
Pour la Belgique morte. En vain
Je creuse, et je rue et je piaffe;
Je ne trouve qu'un mot: "Enfin!" "
J’y retournerai l’année prochaine...
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16/05/2005
Blues for Eddie
Saint(s) du jour : Saint Simon Stock (1164-1265), Saint André Bobois (+ 1657), Saint Jean Népomucène (+ 1383), Saint Honoré (IVème siècle)

Deux pépites , en hommage à Barclay :
- Jo Boyer & Eddie Barclay - Thème de Bob ( BO du film de Melville " Bob le Flambeur " )
- Eddie Barclay et son orchestre - Boum bada boum
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12/05/2005
DIG !
Saint(s) du jour : Saint Achille de Larissa (+ 304), Saint Epiphane (+ 403), Sainte Imelda Lambertini (+ 1333), Saint Pancrace (IVème siècle)
Dig !
Documentaire d’ Ondi Timoner (2004)
Ondi Timoner est une réalisatrice américaine qui a filmé pendant 7 ans la vie de deux groupes amis ( au départ tout au moins ) : The Brian Jonestown Massacre et The Dandy Warhols . Sur fond de jalousie , d’admiration réciproque et de paranoïa elle dresse avec brio les portraits croisées de ces deux « gangs » , en suivant les pathétiques mésaventures des losers magnifiques , éternels adolescents et ingérables drogués ( The Brian Jonestown Massacre ) et l’ascension faite de multiples concessions des plus sages , des plus pops , des plus consensuels ( plus malins ? ) Dandy Warhols , d’ailleurs découverts par les Brian Jonestown .
Si Courtney Taylor , chanteur et unique compositeur des Dandy Warhols est la voix off de ce documentaire à la fois drôle ( la vie quotidienne parfois absurde d’un groupe de rock , les conflits d’ ego ) , tragique ( la santé mentale et l’hygiène déplorable d’un groupe de drogués ) et instructif ( les rapports entre le music business et les musiciens-artisans ) , c’est Anton Newcombe , leader des Brian Jonestown Massacre , qui focalise toute notre attention . Etre extrêmement charismatique , autodestructeur et totalement déséquilibré , « génie pour les uns , mégalomane pour les autres , junkie pour tous » , il est un compositeur très ( trop ) prolixe ( 4 albums par an environ … ) , entretenant une fixette sur le psychédélisme des années 60 , persuadé qu’il est le meneur d’une révolution musicale sans précédent . Il mène tant bien que mal ( plutôt mal que bien d’ailleurs ) son équipe de camés ( Joel Gion , joueur de tambourin ( ! ) et « porte- parole de la révolution » ( !! ) , aujourd’hui dans The Warlocks , est le plus hilarant de tous … ) . Il faut voir ces types se foutre sur la gueule et quasiment s’entretuer devant un parterre de businessmen ahuris , au beau milieu du premier morceau d’un concert difficilement mis en place pour les maisons de disques par leur manager afin de leur faire signer un contrat . Concerts sabordés ou durant plus de 10 heures de suite , émeutes dans la salle et bagarres générales , tel est le quotidien des Brian Jonestown , rocks stars et bouffons hilares flottant dans un délire narcotique . Pour vous donner une idée , voici comment Ondi Timoner les présente :
« C’est comme si tous ces mecs avaient lu une , ou plutôt dix biographies des Rolling Stones et avaient calqué leurs vies dessus ! Il faut quand même voir qu’ils vivaient totalement en dehors de la société , sans voiture , ni maison , ni famille . Et ils s’en foutaient . »
En définitive , Dig ! est un des meilleurs documentaires sur le rock que j’ai pu voir , loin des produits marketing MTV , et qui , espèrons le , permettra à Anton Newcombe de vendre quelques albums supplémentaires ( pour se payer quelques fix d’héroïne , évidemment ) . Il serait dommage , en effet de passer à côté de ces disques où on a l’impression d’entendre Dylan accompagné par le Velvet Underground reprennant les Rolling Stones époque Beggar’s Banquet ( ou le Velvet reprendre Dylan , ou encore les Stones reprennant le Velvet , au choix … ) .

Plus de renseignement , des images et du son sur le site français du film DIG ! ou sur le site officiel
Les albums des Brian Jonestown Massacre sont disponibles sur leur site officiel
Visitez aussi le site des Dandy Warhols.
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20/03/2005
R.I.P. Lyn Collins
Plus d'infos ici .
08:27 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13/03/2005
Bloody Sunday

Saint(s) du jour : Sts Roderick et Salomon. martyrs (+ 857)
Bonjour à tous !
En fouillant un peu dans mes archives , j'ai retrouvé une pépite , une vieillerie enregistrée par George W. himself , à une époque où il tentait de se lancer dans la chanson . Ici , il s'agit de magnifiques reprises de John Lennon , de Lou Reed et de U2 : Imagine/Walk on the wild Side et Sunday Bloody Sunday
Attention : ça n'est pas une blague !
Bonne écoute !
20:50 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06/03/2005
Le Carnet à spirales de Bruno
Saint(s) du jour : Ste Colette de Corbie, clarisse (+ 1447)
Autopromotion éhontée :
J'ai commis un petit texte et un mix basé sur des samples sur le PALINDROME .
Petit jeu à partir du mix : le premier qui retrouve les morceaux qui ont samplé ses morceau gagnet un petit cadeau ...
13:25 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05/03/2005
Les défaites de la Musique
Saint(s) du jour : Ste Olive, martyre (9ème s.), St Jean-Joseph de la Croix, o.f.m. (+ 1734)
Ne manquez surtout pas ce soir l'émission humoristique la plus drôle de l'année , ironiquement ( et cruellement ) titrée "Les Victoires de la Musique" !
20e édition . 20 ans d'humour . Des heures de rires ...
Mais attendez ...
On me signale à l'instant que cette cérémonie est on ne peut plus sérieuse ...
Comment ça ?
Aussi sérieux que les NRJ Music Awards ?
Vous êtes surs ?
Ah ...
Et bien voici la liste des nommés dans les différentes catégories , suivis de mes choix puisque cette année je fais partie du jury , en ma qualité de blogueur mondialement lu et écouté . Merci donc à mes lecteurs , à mes parents et à ma compagne qui supporte tout cela .
Groupe ou Artiste Interprète Masculin de l'Année :
- Cali
- Calogero
- Corneille
- M
Mon choix : M , faute de mieux
Groupe ou Artiste Interprète Féminine de l'Année :
- Françoise Hardy
- Keren Ann
- Rita Mitsouko
- Véronique Sanson
Mon choix : Françoise Hardy , évidemment , plus pour l’ensemble de sa carrière que pour son dernier album

Groupe ou Artiste Révélation de l'Année :
- Jeanne Cherhal
- La Grande Sophie
- Luke
- Nâdiya
Mon choix : l’amusante Jeanne Chéral qui n’est pas (encore ?) l’égérie des bobos .
Groupe ou Artiste Révélation Scène de l'Année :
- Jeanne Cherhal
- La Grande Sophie
- Luke
- Olivia Ruiz
Mon choix : Jeanne Cherhal , encore plus drôle sur scène
Album Révélation de l'Année :
- "Douze Fois Par An", Jeanne Cherhal
- "Crèvecoeur", Daniel Darc
- "Le Rêve Ou La Vie", Ridan
- "Romane Serda", Romane Serda
Mon choix : Jeanne Cherhal et Daniel Darc qui ne sont pas vraiment des révélation , ni un perdreau de l’année

Album de Chansons/Variétés de l'Année :
- "Les Beaux Dégâts", Francis Cabrel
- "3", Calogero
- "Carnets de Bord", Bernard Lavilliers
- "Qui De Nous Deux", M
Mon choix : « Qui de nous deux » de M même si j’avoue une tendresse coupable pour Lavilliers , c’est mon côté baroudeur ça . Et puis Matthieu Chédid est un bon musicien , qui s’entoure des excellents Sébastien Martel , Vincent Ségal , Cyril Atef et Zdar . Un homme de goût .
Album Pop/Rock de l'Année :
- "French Bazaar", Arno
- "La Tête En Arrière", Luke
- "1964", Miossec
- "A Bird On A Poire", Jean-Louis Murat
Mon choix : Jean-Louis Murat , évidemment , qui nous a offert , en compagnie de Fred Jimenez et Jennifer Charles ( la chanteuse d’Elysian fields ) un album pop dans la lignée des Lee Hazlewood/Nancy Sinatra .
Album Rap/Hip-Hop de l'Année :
- "16/9", Nâdiya
- "Odyssée", Passi
- "La Fierté des Nôtres", Rohff
- "Bâtards Sensibles", T.T.C.
Mon choix : T.T.C. , évidemment . Rien que pour voir Tekilatex faire la bise à Daniela Lumbroso .

Album Reggae/Ragga/World de l'Année :
- "Dimanche A Bamako", Amadou et Mariam
- "K'toz", Kassav'
- "Debout, Les Yeux Ouverts", Sinsemilia
- "Bowmboï", Rokia Traore
Mon choix : Joker ( si si , on a le droit ! )
Album de Musiques Electroniques/Groove/Dance de l'Année :
- "Talkie Walkie", Air
- "Guettablaster", David Guetta
- "i.com", Miss Kittin
- "Alphabetical", Phoenix
Mon choix : le seul album de musique électronique de cette sélection , Miss Kittin . Avec un grand bravo aux Phoenix et aux chevaliers AIR .
Album de Musique Originale de Cinéma ou de Télévision de l'Année :
- "Clara & Moi", Benjamin Biolay
- "Les Choristes", Bruno Coulais/Christophe Barratier/Philippe Lopes Curval
- "Exils", Tony Gatif/Delphine Mantoulet
- "Atomik Circus", The Little Rabbits/Vanessa Paradis
Mon choix : Benjamin Biolay , agaçant mais fin mélodiste .
La Chanson Originale de l'Année :
- "Je M'Appelle Jane", Jane Birkin & Mickey 3D. Auteur-compositeur: Michaël Furnon. Arrangeur: Gonzales.
- "Pensons A l'Avenir", Cali. Auteur-compositeur-arrangeur : Bruno Caliciuri.
- "Si Seulement Je Pouvais Lui Manquer", Calogero. Auteurs: Michel Jourdan/Julie Daime. Compositeurs: Calogero/Gioacchino Maurici.
- "Face A La Mer", Calogero & Passi. Auteurs: Passi/Alana Filippi. Compositeurs: Calogero/Gioacchino Maurici.
Mon choix : Joker . On a dit chanson ORIGINALE !

Spectacle Musical/Tournée/Concert de l'Année :
- Alain Bashung, "La Tournée Des Grands Espaces" au Bataclan, à l'Olympia et au Zénith. Production: Garance Productions.
- Cali, au Bataclan et à La Cigale. Production: Asterios Productions.
- M, à l'Olympia et en tournée. Production: Olympic Tour.
- Sanseverino, "Sanseverino En Concert" à l'Elysée Montmartre et en tournée. Production: Asterios Productions.
Mon choix : Bashung , même en play-back , et même si on me susurre que M est à voir sur scène . Bof … sans moi .
Vidéo-clip de l'Année :
- "Les Beaux Yeux De Laure", Alain Chamfort. Réalisateur: Bruno Decharme.
- "Seul Au Monde", Corneille. Réalisateur: Maxime Giroux.
- "Ma Mélodie", M. Réalisateur: Cyril Houplain.
- "Mourir Demain", Natasha St Pier & Pascal Obispo. Réalisateur: Fabrice Laffont.
Mon choix : Joker . Qui a envie de voir ses clips ? Rendez nous Michel Gondry !!!
DVD Musical de l'Année :
- "La Cigale Des Grands Jours", Thomas Fersen. Réalisateur: Bruno Sevaistre.
- "Les Leçons De Musique", M. Réalisateur: Emilie Chedid.
- "Frenchy Tour", Eddy Mitchell. Réalisateur: Gérard Jourdhui.
- "Fan", Pascal Obispo. Réalisateurs: David Ungaro/Louis Leterrier/Fabrice Laffont.
Mon choix : M , pour l’originalité dans la manière de faire rentrer encore plus d’argent dans son porte monnaie .
11:05 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
20/02/2005
Petits arrangements avec les sons.
Saint(s) du jour : Bienheureuse Aimée (1200-1252)
Bravant le froid glacial et la pluie ( moi qui n’ai jamais compris cet amour des occidentaux équipés du chauffage central pour le froid et la neige … alors que l’histoire de l’humanité nous montre que les hommes ont depuis toujours cherché à se protéger du froid ! ) , j’ai , avec beaucoup de difficulté , accepté de quitter mon lit et l’émission du sémillant et embagousé Frédéric Ferney ( Ah ! les hommes qui portent une chevalière …) , depuis quelques temps accompagné d’une (même pas) charmante idiote dont le seul talent est d’ être encore plus insipide que le taulier . Toujours aussi mal rasé le Frédéric ( qu'en est-il de la pilosité de l’idiote ? ) , puisque l’animateur d’émission littéraire est par définition mal rasé et rasoir ( Guillaume D. , ou Patrick Poivre D’A. catégorie mal peigné ) . J’ai accepté , disais – je ( avant d’être impoliment interrompu par moi-même , comme disait Pierre Desproges ) , pour me rendre ce matin au célèbre marché d’un non moins célèbre quartier
lillois pour y faire quelques courses en produit frais ( quelle aventure , n’est-ce pas ? ) .
N’étant guère passionné par les étalages de vêtements miteux , contrefaçons éhontées de chaussures de sport et de produits de beauté ( mais que font les douanes ? ) , supports numériques vierges tombés du camion et autres produits exotiques du terroir de nos anciennes colonies d’Afrique du Nord ( quant il ne s’agit pas de fromages de chèvres vendus par une baba-cool attardée accompagnée de son fils , Marcus et sa mère Fiona dans About a Boy, pour les cinéphiles … ) , je n’ai pu résister bien longtemps à la tentation de me plonger dans des vieux bacs de disques , sachant pourtant a priori que j’en ressortirais bredouille après m’être gelé les phalanges en fouillant parmi les compilations d’airs d’accordéon et autres 33t de Simon & Garfunkel .
Et voilà que parmi les innombrables daubes habituelles , voici que je tombe sur ceci :
Johnny Harris - All to Bring You Morning (1973)
Tracks:
1. Imagine
2. All to Bring You Morning
3. Love Song
4. Norwegian Wood
5. Pavane
6. You've Lost that Lovin' Feelin'
Johnny Harris: vocals ; piano , Jon Anderson: vocals ; Alan White: drums, percussion ; Steve Howe: guitars ; Pete Kirtley: guitar ; Colin Gibson: bass ; Steve Gregory: flute, sax ; John Bromley: vocals ; Horold Fisher: drums ; Chris Spedding: guitar ; Tony Campo: bass ; Roger Coulom: piano ; Johnny Dean: percussion ; Pat Holling: strings ; Produced by Harris
Album ultra – rare car depuis trop longtemps épuisé de Johnny Harris , le David Axelrod anglais , auteur en 1970 du sublime Movements , bien connu des amateurs de rare groove , pillé par de nombreux dj . Compositeur et arrangeur de grand talent comme ils en existaient tant dans ces années bénies où on osait encore expérimenter , jouer , sculpter le spectre sonore autrement qu’en triturant Fruity Loops , Harris , qui travailla notamment avec George Martin , Shirley Bassey ou encore Lulu et Petula Clarck est ici accompagné de trois membres du groupe YES …non , ne partez pas , que l’on aime ou pas le prog-rock dans lequel s’est vautré YES dans les années 70 , ces types sont tout de même loin d’être des manchots !
Bref , une pépite , dont j’ignorais l’existence , pour seulement 2 euros , et j’ai douté …était – ce le même Johnny Harris ? Je ne l’ai pas acheté … quel con !

Pour vous convaincre du talent du monsieur , je vous donne l’occasion d’ écouter deux morceaux tiré de Movements , illustrant au mieux , à mon humble avis , le travail de ce sorcier de la production : Stepping Stones , morceau rythmé , où la flûte et les percussions s’emballent , poursuivis par les instruments à cordes ( ce solo de basse … ) et Footprints On The Moon , plus orchestral ( écoutez moi ce travail sur la stéréo et sur les cordes ) .
Tout cela sur radio TIBOLANO , bien entendu .
20:15 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
16/12/2004
C'est bientôt Noël !
C’est l’heure des bilans de fin d’année . Voici donc les meilleurs disques de 2004 selon la rédaction de VIBRATIONS. Utile pour ceux qui n’ont pas encore fait leurs achats de Noël . En cliquant sur les liens vous pourrez écouter des extraits de ces albums , puis peut-être les acheter :
Bjork – Medulla
J’avoue que j’ai décroché de Bjork avec Selmasongs , la B.O. de Dancer in the Dark … depuis je n’ai trouvé rien de très palpitant chez l’Islandaise . Des concepts sans doute ( Medulla est sensé être presqu’entièrement créé à partir d’un travail sur les voix ) mais surtout l’ennui . Je somnolais déjà sur Vespertine et ici c’est un peu la même chose … Quelques bons morceaux ( Who is it ) , et surtout des collaborateurs géniaux ( Mike Patton (ex-Faith No More et actuel patron d’ IPECAC ) , Robert Wyatt , Matmos , Mark Bell , Dokaka , Rahzel …) . En fait , Bjork est un peu comme Bowie , une personne de bon goût qui sait vampyriser les bonnes idées des musiciens « underground » pour en faire des disques plus grand public ( voir aussi qui elle choisit pour remixer ses morceaux ) .
David Murray and the Gwo Ka Masters – Gwotet
Jill Scott – Beautifully Human : Words & Sounds vol. 2
Feist – Let it die
Feist fait partie de mes découvertes de l’année . Je l’ai vu deux fois en concert . Toujours avec le même plaisir ( le physique de la demoiselle doit aussi beaucoup jouer …) . Cela faisait longtemps que je n’avais pas apprécié ce genre de musique : une guitare , une voix , quelques arrangements discrets , c’est tout . Produit par le toujours déconcertant Gonzales ( une sorte de Peaches masculin , responsable de 3 disques complètement fous qui mélaient chansons de crooner , electro et hip-hop ( Gonzales Uber Alles , The Entertainist , et Presidential Suite ) avant de nous sortir , cette année , un album composé uniquement de pièces instrumental au piano solo , en hommage au compositeurs français du début du XXes , tout en produisant le dernier Jane Birkin … ) , le deuxième album de Feist est composé de vignettes pop-folk , reprises de Blossom Dearie , des Bee Gees période pré-disco , de l’injustement méconnu Ron Sexmith , ou composées par Feist elle-même , avec un talent d’écriture pop indéniable ( vous allez vite chantonner le tube Mushaboom … ) , et une voix qui peut aussi bien chanter du folk (Gatekeeper) que du jazz ( sur scène , elle reprend admirablement le « See-Line Woman » de Nina Simone ) . Bref , c’est très très bon , ça plait aux filles et aux garçons . Et ça c’est exceptionnel !
Seu Jorge – Cru
Pïers Faccini – Leave no trace
Bill Carrothers – Armistice 1918
Zap Mama – Ancestry in progress
Groupe d’origine belge totalement inconnu ici , Zap Mama fait une belle carrière aux Etats-Unis grâce au courageux et excellent label Luaka Bop , du décidemment génial ex-chanteur des Talking Heads , David Byrne . J’ai découvert ce groupe en 1999 , avec l’album A Ma Zone , qui mixait les rythmes modernes ( hip-hop notamment , avec la participation de Black Thought de The Roots , grosse influence du disque , ou jazz avec Manu Dibango) avec la technique de « call & response » des chants traditionnels centrafricains ( Marie Daulne est originaire du Zaïre ) . Zap Mama est pour moi l’une des seules tentatives récentes réussies de musique groove en français ( les titres « Rafiki » et « Allo Allo » ) . Sinon il vous reste Skyrock . Je n’ai pas encore écouter ce nouvel album , Ancestry in progress , produit par les Roots ( qui participent massivement au disque ) , qui semble légèrement plus urbain , plus nu-soul que ses prédecesseurs , avec une invité de marque en la personne d’Erykah Badu .
Bebo y Cigala - Lagrimas Negras
Las Ondas Marteles – Y despues de todo
Rééditions :
Candi Staton – Candi Staton
Superbe réédition sur le label Astralwerks des titres enregistrées par cette chanteuse unique de Southern Soul aux studios mythiques de Muscle Shoals Horns , durant sa période pré-disco , c’est-à-dire de 1969 à 1973 . Ne passez pas à côté de l’une des seuls bonnes reprises d’Elvis Presley , « In the Ghetto » et de sa reprise d’Otis redding « That’s how strong my love is » . S’attaquer à ces deux géants et réussir à livrer des versions qui peuvent dignement rivaliser avec les originaux n’est pas donner à tout le monde . La voix soulful et pleine d’émotions de Candi Staton , qui n’a rien d’une diva , y est sans doute pour beaucoup .
Ali Farka Touré – Red & Green
James Brown – Soul on Top
J’imagine que je n’ai à présenter James Brown à personne . Avant de devenir le vieux cocaïnomane un peu pitoyable qui expédie ses shows entre deux séjours en prison , James Brown fut le Godfather of Soul , l’homme qui bossait le plus dur de toute l’industrie du disque , un showman exigeant , tyrannique même , et un chanteur exceptionnel . En 1969 , désireux de rendre hommage à la musique qu’il a entendu ( avec le blues et le gospel ) toute son enfance , James Brown décide d’enregistrer avec un big band dans le style de celui de Count Basie . Le résultat est surprenant . Dans les standards du jazz ( « September Song » , « That's My Desire » et surtout « For Once in my life » ) il n’a surement pas à rougir devant les chanteurs de jazz , tout en sachant garder sa voix , ses tics et sa diction si particulière … Lorsqu’il revisite ses propres morceaux , tels que « It’s a man’s , man’s man’s world » ou « Papa’s got a brand new bag » , il nous offre des versions (plus étoffées musicalement) qui sont , à mon avis , parfois même supérieures aux originaux … Un disque qui fait l’unanimité chez les puristes du jazz ET chez les soulmen …
19:15 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13/12/2004
Oh des CDs !
Un peu de publicité :
J’ai travaillé ces deux dernières semaines dans un magasin de disques et de DVD d’occasion dont j’étais un fidèle client depuis de nombreuses années : O’CD .
Pour ceux qui comme moi en ont assez de payer leurs disques ou leurs films 20 euros , n’hésitez pas à aller jeter un œil dans les bacs et demander conseil aux vendeurs qui , je le dis sans aucune flagornerie , sont des passionnés et des personnes très sympathiques . J’en profite pour passer ici un petit bonjour à Céline , Martial , Alban , Emmanuel et Camille , mes ex ( et peut être futurs … ) collègues de Lille .
Pour vous donner un petit exemple de ce qu’on peut y trouver , voici un exemple des disques que j’ai pu trouver hier , et qui m’accompagneront cette semaine :

Une sélection de morceaux Rhythm & Blues parus à l’origine sur les 13 compilations « Great Rhythm & Blues Oldies » du label Blues Spectrum de Johnny Otis ( père de Shuggie ) entre 1973 et 1977 à Los Angeles . Shuggie , musicien précoce ( à 16 ans , en 1969 , il assure déjà quelques parties de guitare sur l’album Hot Rats de Frank Zappa , ceux qui connaissent cet album apprécieront ! ) participe à tous ces enregistrements en tant que guitariste , bassiste , et la plupart du temps , co - ingénieur du son . Une excellente compilation remplie à ras bord de
rythmes funky et de blues irrésistibles , des tubes mêmes , revisités par leurs créateurs ( Richard Berry « Louie Louie » , Big Joe Turner « Shake Rattle & Roll » ) accompagnés par des musiciens irréprochables et trop souvent restés dans l’ombre .

Un classique de la discographie , impressionnante et parfois assez inaccessible aux profanes , de Zappa . Mon disque préféré du moustachu reste pourtant Hot Rats , où on peut entendre un morceau chanté par Captain Beefheart , autre grand cinglé du rock .
6e et dernier volume des compilations de 45t rares parues sur le label Electrostatic ( déjà responsable des remarquables Cinema de Funk , assez difficiles à trouver actuellement , comme la série des Funkaphonix … ) . Un pur régal et un vrai trésor pour tous les crate-diggers et autres fanatiques de ce type de musique . Que de la pépite ici . Le meilleur son de tous les temps … ( un être humain normalement constitué ne peut résister au « Kangaroo Too » par Abraham & the Casanovas … )

Remballez vos Ramones et vos Sex Pistols , voilà LE meilleur groupe Rock’N’Roll . Enregistré les 30 et 31 octobre 1968 ( donc avant Woodstock , si je ne me trompe … ) voilà un groupe qui renvoit tous les hippies (qui feront les bobos de demain … ) à leurs chèvres et à leur encens qui pue . C’est sale , c’est violent , c’est électrique , et impossible de « planer » sur leur « Kick Out the Jams » . Un classique .

Encore une superbe réédition par le label Strut (malheureusement fermé depuis juin 2003) . Cette fois ci il s’agit d’un album de 1976 , où se mélangent R&B, free jazz ( Plunky Branch , le fondateur et leader du groupe , est un excellent saxophoniste ), percussions afro-Brésiliennes et funk , tout cela accompagné d’un message spirituel et panafricain fort ( Oneness est l’un des premiers groupes , à attirer l’attention du public sur les problèmes en Afrique du Sud ) , pour former le chaînon manquant entre le meilleur du Kool & the Gang ( les débuts donc ) , Gary Bartz et Pharoah Sanders .


Nul besoin de présenter le génial Brian Eno ( ou plus exactement Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno , ça ne s’invente pas ) : multi- instrumentiste , admirateur des compositeurs de musique contemporaine de Terry Riley , LaMonte Young , Steve Reich , créateur de la musique ambient , producteur aventurier et ultra-créatif ( Bowie pour la « trilogie berlinoise » entre autres , Talking Heads et , avec David Byrne « My Life In The Bush Of Ghosts » album précurseur du sampling , Devo , la scène No Wave new-yorkaise , U2 , Daniel Lanois … ) Sorti en 1973 , le premier album solo de Brian Eno , Here Come the Warm Jets est une collection de morceaux pop à tendance expérimental où le musicien tient le rôle qui était déjà le sien dans Roxy Music , c’est-à-dire “manipulateur de son” , en y ajoutant celui de chanteur et en partageant ici le travail musical avec d’autres membres de Roxy Music ( Phil Manzanera and Andy Mackay ) mais aussi Robert Fripp de King Crimson , et bien d’autres . Beaucoup plus facilement réécoutable que toute la scène de Canterbury de cette époque ( Matching Mole , Soft Machine , etc ) les compositions avant gardistes ( guitares préparées , sons électroniquement trafiqués ) d’ Eno sont vraiment à redécouvrir : « Here Come the Warm Jets » ou « On some faraway beach » que ne renieraient pas les Death In Vegas , l’excellent « Baby's on Fire » , du glam-rock électronique , « Blank Franck » qui sonne comme si Sonic Youth écrivait un morceau drôle .
Son deuxième album , Taking Tiger mountain ( by strategy ) , voit l’arrivée de Robert Wyatt aux percussions ( ainsi que celle de Phil Collins, alors seulement batteur de Genesis ) et continue l’exploration du format pop trafiqué . Il est peut etre un peu moins marquant que son prédecesseur , mais tout aussi séduisant pour les amateurs de musiques modernes . Ecouter le morceau « The Great Pretender » et vous n’entendrez plus jamais les deux derniers albums de AIR de la même façon … ) ou encore le traitement des sons sur « China my China » ( une machine à écrire en guise de rythmique ! ) .

J'avais acheté dès sa sortie , en 2001 , le 1er album ( Act. 1 )de ce groupe français très original , aux influences multiples (dub , funk , hip hop , musiques latines , Sporto Kantes . Voici donc un cd de bonus , inédits et remix par Tommy Hools ou les Troublemakers , qui accompagné la réédition de ce 1er album Bizarrement classés sous l'étiquette "French Touch" , ils ne ressemblent pourtant en rien aux suiveurs soporifiques d'Etienne de Crécy , AIR ou autres Daft Punk . Ici vous retrouverez ( comme chez Williams Traffic , l'autre projet de Nicolas Kantorovwicz , moitié du groupe ) des ambiances enfumées et cinématographiques qui plairont aux amateurs de certaines productions du label Ninja Tune , aux fans de DJ Vadim , des Troublemakers , de Rubin Steiner et du 1er Tommy Hools . A noter également une excellente compilation de leurs titres préférés (Irma Thomas , Young Marble Giants , U Brown , Cannibal Ox , TTC , etc ... ) sortie sur leur label Catalogue ( The Catalogue of Sporto Kantes ) et un deuxième album peut être moins marquant , moins surprenant sans doute , 2nd Round .
Et tout cela pour la modique somme de 50 euros .
03:05 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note