17/10/2005
La Croix de Misère

La Pauvreté groupe les hommes, la Misère les isole, parce que la pauvreté est de Jésus, la misère du Saint-Esprit.
La Pauvreté est le Relatif, — privation du superflu.
La Misère est l'Absolu, — privation du nécessaire.
La Pauvreté est crucifiée, la Misère est la Croix elle-même. Jésus portant la Croix, c'est la Pauvreté portant la Misère. Jésus en croix, c'est la Pauvreté saignant sur la Misère.
Ceux d'entre les riches qui ne sont pas exactement des réprouvés peuvent comprendre la pauvreté, puisqu'ils sont eux-mêmes des pauvres, en un sens ; ils ne peuvent pas comprendre la misère. Capables de l'aumône, peut-être, incapables du dépouillement, ils s'attendriront, en belle musique, sur Jésus souffrant, mais sa Croix leur fera horreur, la réalité de sa Croix ! Il la leur faut toute en lumière et toute en or, somptueuse et légère, agréable à voir sur une belle gorge de femme.
Prêtres élégants, éloignez d'eux le lit d'amour de Jésus-Christ, la croix misérable, infiniment douloureuse, plantée au milieu d'un charnier de criminels, parmi les ordures et les puanteurs, la vraie Croix simplement hideuse, bonnement infâme, atroce, ignominieuse, parricide, matricide, infanticide ; la croix du renoncement absolu, de l'abandon et du reniement à jamais de tous ceux, quels qu'ils soient, qui n'eu veulent pas ; la croix du jeûne exténuant, de l'immolation des sens, du deuil de tout ce qui peut consoler ; la croix du feu, de l'huile bouillante, du plomb fondu, de la lapidation, de la noyade, de l'écorchement, de l'écartellement, de l'intercision, de la dévoration par les animaux féroces, de toutes les tortures imaginées par les bâtards des démons... La Croix noire et basse, au centre d'un désert de peur aussi vaste que le monde ; non plus lumineuse comme dans les images des enfants, mais accablée sous un ciel sombre que n'éclaire pas même la foudre, l'effrayante croix de la Déréliction du Fils de Dieu, la Croix de Misère !
Si ces maudits se contentaient de n'en pas vouloir ! Mais ils prétendent qu'elle n'est pas pour eux, se prévalant de leur argent, qui est le Très-Précieux Sang du Christ, pour y envoyer à leur place le troupeau des pauvres qu'ils ont saignés et désespérés !
Et ils osent parler de charité, prononcer le mot Charité qui est le Nom même de la Troisième Personne divine ! Prostitution des mots à faire peur au diable ! Cette belle dame, qui n'a pas même la loyauté de livrer son corps aux malheureux qu'elle attise, ira, ce soir, montrer tout ce qu'elle pourra de sa blanche viande à sépulcre où frémissent des bijoux pareils à des vers et la faire adorer à des imbéciles, en des fêtes prétendues de charité, à l'occasion de quelque sinistre, pour engraisser un peu plus les requins ou les naufrageurs. La richesse dite chrétienne éjaculant sur la misère !
Dieu souffre tout cela jusqu'à ce soir, qui pourrait être le « Grand Soir », comme disent les nourrissons de l'Anarchie. Cependant il fait jour encore. Il n'est que trois heures, c'est l'heure de l'Immolation du Pauvre. Les esclaves des mines et des usines travaillent encore. Des millions de bras agissent péniblement sur toute la terre pour la jouissance quelques hommes et les millions d'âmes étouffées par l'angoisse de ce labeur, continuent à ne pas savoir qu'il y a un Dieu pour bénir ceux qui les écrasent : le Dieu des luxures et des élégances, dont « le joug est suave et le fardeau si léger » pour les oppresseurs.
C'est vrai qu'il y a des refuges : l'ivrognerie, la prostitution des corps, le suicide ou la folie. Pourquoi la danse ne continuerait-elle pas ?
Mais il n'y a pas de refuge pour l'Indignation de Dieu. C'est une fille hagarde et pleine de faim à qui toutes les portes sont refusées, une vraie fille du désert que nul ne connaît. Les lions au milieu desquels elle a été enfantée sont morts, tués en trahison par la famine et par la vermine. Elle s'est tordue devant tous les seuils, suppliant qu'on l'hébergeât, et il ne s'est trouvé personne pour avoir pitié de l'Indignation de Dieu.
Elle est belle pourtant, mais inséductible et infatigable et elle fait si peur que la terre tremble quand elle passe. L'Indignation de Dieu est en guenilles et n'a presque rien pour cacher sa nudité. Elle va pieds nus, elle est toute en sang et, depuis soixante-trois ans, — cela est terrible — elle n'a plus de larmes ! Ses yeux sont des gouffres sombres et sa bouche ne profère plus une parole. Quand elle rencontre un prêtre, elle devient plus pâle et plus silencieuse, car les prêtres la condamnent, la trouvant mal vêtue, excessive et peu charitable. Elle sait si bien que tout est inutile désormais ! Elle a pris quelquefois des petits enfants dans ses bras, les offrant au monde, et le monde a jeté ces innocents dans les ordures en lui disant :
— Tu es trop libre pour me plaire ! J'ai des lois, des gendarmes, des huissiers, des propriétaires ! Tu deviendras une fille soumise et tu paieras ton terme.
— Mon terme est proche et je le paierai fort exactement, a répondu l'Indignation de Dieu.
Léon Bloy "La Croix de Misère" ( Le Sang du Pauvre , 1909 )
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20/05/2005
Mauvais genres : chronique d'une mort ou d'une reprise annoncée

Saint(s) du jour : Saint Bernardin de Sienne (1444)
Je profite de ce blog pour relayer l' appel lancé par l'administrateur d'un site auquel je tiens beaucoup et que vous connaissez sans doute déjà tous , j'en suis sûr : MAUVAIS GENRES . Il serait dommage de voir de nouveau disparaître un site de qualité . Bonne lecture !
« 6 ans. 6 ans que j’anime bénévolement Mauvais genres . 6 ans extraordinaires. Vraiment.
Mais aussi 6 ans avec des semaines de 20 à 30 heures consacrées aux seuls mauvais genres. Cela tourne donc à l’obsession. Il est temps de tourner la page.
J’ai prévu d’arrêter Mauvais genres fin juin.
D’ici là, j’espère votre participation et surtout je vais tout faire pour trouver un « repreneur ».
Ce ne sera pas facile car je n’ai pas travaillé l’aspect juridique et financier du site privilégiant l’expérience de la mutualisation. Aussi je fais à appel à tous les membres de cette liste. En premier, j’espère un soutien du côté des bibliothèques voire de l’université. Je ne désespère pas que Mauvais Genres puisse être repris ou soutenu par une institution.
Mais je ne suis pas contre la reprise par une équipe de bénévoles, bien sûr à certaines conditions respectueuses de l’esprit du site. Aussi, n’hésitez pas à me donner des pistes pour pérenniser cette expérience et à m’envoyer
vos propositions. Je suis prêt à étudier toutes les solutions.
Pour info.
Informatique :
Mauvais genres, c’est 800 Mo de données, 1 GO de transfert, 4000 visiteurs et 12000 pages téléchargées par jour. Cela demande donc de vraies compétences informatiques : codage html, installation, paramétrage et utilisation de scripts PHP/Mysql, connaissance de linux, exportation de base sql toutes les semaines, traitement d’images, compression de son et de vidéo... et j’en passe. N’ayant pas les moyens de payer un serveur dédié, j’ai mis en ligne le site sur un hébergement mutualisé. Or toute l’astuce a consisté à faire comme si Mauvais genres est hébergé sur un serveur dédié en privilégiant le codage html et les petites bases mysql. L’équipe qui reprendra Mauvais genres devra faire évoluer le site en mode dynamique.
Réseau :
Mauvais genres est une passerelle entre universitaires et passionnés, entre tous les acteurs du livre (bibliothécaires, éditeurs, auteurs, libraires, festivals) avec au cœur de la mutualisation, le lecteur. C’est une démarche d’ouverture. Je tiens à écrire qu’il n’y a pas de chapelles, pas de pape… Contrairement à d’autres sites collaboratifs, il n’y a pas de problème de participation. L’originalité est l’association liste de discussion- site internet. Certes, cela demande une intervention humaine pour mettre en ligne les données. Mais celles-ci sont alors mises en valeur par un classement astucieux. La réactivité est encouragée par la rapidité de la mise en ligne. Toutes les semaines, il y a des abonnés pour publier des chroniques. Les rencontres mensuelles avec les auteurs, la mise en ligne hebdomadaire d’Enjoy polar structurent la vie du site. Par ailleurs, de plus en plus d’interviews, portraits, retranscriptions de débats sont proposés spontanément par les abonnés.
Il existe plus de vingt rubriques sur Mauvais genres. Il serait fastidieux de s’arrêter sur le mode de fonctionnement de chacune d’entre elles. La revue de presse, l’agenda et le répertoire de sites sont très visités.
L’espace jeunesse prend un nouvel essor depuis qu’il est devenu interactif : je note une participation de plus en plus importante des enfants. Les partenariats avec des associations et des festivals renforcent encore la
richesse de contenu.
Engagement littéraire :
Le polar et la SF sont certes des littératures de distraction. Mais elles ont aussi un sens.
J’ai donc tenté de résister au marketing que ce soit le rouleau compresseur utilisé par certains éditeurs ou la culture utilisée comme opération de communication pour redorer le blason des collectivités. Les livres vendus
comme des savonnettes j’exècre. Les festivals, coquilles vides sans public, idem.
J’ai aussi essayé d’encourager l’esprit critique. J’ai donc toujours soutenu la publication de critiques négatives. Je crois celles-ci nécessaires.
Malheureusement, je crois avoir échoué de ce côté-là.
L’engagement a été jusqu’à héberger deux fois une pétition pour soutenir Cesare Battisti. Alors que j’étais contre la stratégie médiatique employée, je suis sans doute celui qui a reçu le plus de lettres d’insultes. Je tenais aussi à l’écrire.
L’originalité de Mauvais genres est le mélange des genres. Je crois que les amateurs de polar et de SF ont des approches littéraires différentes. La confrontation enrichit le débat.
Vous - bibliothécaires, auteurs, éditeurs, membres d’association, lecteurs, universitaires, libraires, et j’en oublie -, vous êtes nombreux à soutenir et à parler de « ce site irremplaçable ». C’est donc un nouvel appel urgent que je vous adresse : assurer la continuité de Mauvais genres après mon départ. Il serait dommage que de telles archives disparaissent. Il serait aussi dommage qu’un espace de promotion de la lecture, une telle aide aux acquisitions des bibliothécaires et des lecteurs soient cassées. Il serait con qu’un tel média meurt.
Aussi, j’attends vos propositions, je compte sur vos relais pour faire en sorte que ce site perdure.
Bernard Strainchamps»
09:15 Publié dans Litteratures | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
09/05/2005
Livres du jour
Saint(s) du jour : Saint Pacôme (+348)
Après une semaine chargée , je prends quelques minutes pour vous présenter quelques livres achetés ce matin , étalage de culture « réac » , où l'on retrouve toujours plus ou moins les mêmes auteurs , ce qui ne pourra que réjouir le Con Sanguin , qui s’il avait lu Buena Vista Park de Renaud Camus au lieu de perdre son temps à tenter de faire l’intéressant sur son blog , saurait qu’il n’est , comme nous tous , qu’un degré bathmologique de plus ( allez hop un petit étalage culturel superficiel de plus qu’il pourra dénoncer ! ) . Voici donc quelques ouvrages à vous procurer au plus vite , si ce n'est déjà fait !
Georges Bernanos - Le Crépuscule des Vieux ( 1956 )
Recueil de textes inédits , parus dans la presse et difficiles à retrouver , qui s’échelonnent de 1909 ( Bernanos avait 21 ans ) à 1939 ( il venait d’arriver au Brésil ) .
Explication de son œuvre de romancier , commentaires de lectures , notes sur la poésie ou sur quelques événements contemporains , ces écrits de circonstances permettent de suivre une longue évolution : ; mais il montrent aussi la remarquable permanence d’une même vocation d’inquiétudes toujours semblables , et d’un ton qui a pu s’affermir , non pas changer profondément .
Ce recueil se divise en 5 parties :
1. Le Prince de ce monde (1926-1927)
2. Sur la Poésie ( 1928-1939)
3. Lectures et Spectacles (1909-1934)
4. Primauté de la Peur ( 1928-1930)
5. L’Esprit de Vieillesse (1931-1932)
Pier Paolo Pasolini – Les Ragazzi ( 1955 )
Ecrivain , poète , critique , scénariste , acteur et réalisateur italien , Pier Paolo Pasolini est né à Bologne en 1922 . Journaliste au quotidien catholique Il Quotidiano , il fréquente à Rome le lumpenprolétariat des faubourgs , dont il s’inspire largement dans ses œuvres . Le réalisme de son premier roman Ragazzi di Vita suscite le scandale et la controverse .
" De l’enfance à l’adolescence le Frisé n’a guère connu de la vie que l’image impitoyable qu’en offrent au lendemain de la guerre les quartiers populaires de Rome . dans une fresque plus cruelle que pittoresque , Pasolini évoque autour de son héros un monde de gosses prématurément mûris par l’apprentissage des petits délits , les jeux dérisoires de la ruse et du courage , l’école de la misère et des caïds .
Avec un réalisme qui fit scandale lors de la parution du livre , l’auteur saisit sur le vif , à travers une série de scènes expressives , des êtres goguenards et désemparés dont la destinée va du bidonville au terrain vague et de la rue à la prison . Le Frisé vieillit trop vite de se laisser si souvent berner et de passer de combine en combine à un éternel désenchantement . Sans se départir d’une verve narquoise , il mêle à sa désinvolture un peu trop de sentimentalité et la mort de Marcello , le suicide d’Amerigo , l’étrange résolution de Futfutte assassinant un chauffeur de taxi le confirment dans une sagesse faite de désespoir , de résignation et d’insouciante prudence."
Michel de Saint-Pierre – Les Aristocrates ( 1954 )
Oeuvre de Michel de Saint-Pierre qui eut surement le plus de succès . A voir : l' adaptation au cinéma de ce roman , par Denys de la Patellière ( Les Grandes Familles , Un Taxi pour Tobrouk …) , où l’excellent Pierre Fresnay tient le rôle du Marquis de Maubrun , tiraillé entre le respect et la défense de traditions séculiaires de la noblesse et les aspirations à la "modernité" de ses enfants .
Klaus Kinski – Crever pour Vivre (1975)
A 15 ans , sans avoir jamais vu un seul de ses films , j’avais été impressionné par la lecture de ces mémoires de Klaus Kinski , prêtées par une professeur de français qui devait bien voir une idée derrière la tête … Je me souviens bien qu’à l’époque , j’imaginais tout à fait le jeune Klaus ressemblant à l’enfant interprétant le rôle principal du film de Volker Schlöndorff , Le Tambour , que je venais de visionner . Cette gueule de pervers m’a durablement marqué et c’est avec grand plaisir que je vais me replonger dans les frasques de ce fou véritablement furieux . ( Pour les curieux , lire l’interview de Kinski par Claire Clouzot en 1976 )
« "Désordre et génie" : la tentation est forte d'emprunter ce titre à Alexandre Dumas père pour présenter Klaus Kinski. La formule de Dumas concernait le comédien Edmund Kean, célèbre interprète de Shakespeare. L'acteur allemand Kinski a joué aussi Shakespeare à ses débuts, mais 139 ans séparent sa naissance de celle de Kean : entre-temps le 7e art a été inventé et Kinski a délaissé le théâtre pour le cinéma.
Il a déjà un nombre impressionnant de films à son actif : des policiers aux « westerns spaghetti » en passant par les films de Werner Herzog Aguirre, ou la Colère de Dieu (1972) où son jeu hallucinant incite le metteur en scène à parler de génie, suivi de Woyzeck et Nosferatu dans lesquels il révèle un talent tout aussi fantastique.
D'où vient ce magnétisme qui le catapulte au premier rang des vedettes mondiales ? Peut-être de son désordre, justement. Du désordre que décrit sa provocante autobiographie parue en 1975 et traduite en 1976 sous le titre : Crever pour vivre. Né en 1926 à Nappot en Pologne, Kinski (Niklaus Nakszynski) s'est forgé sur l'enclume de la misère et de la seconde guerre mondiale. Enrôlé à seize ans dans l'armée allemande, capturé par les Alliés en 1944, il se découvre un talent pour le théâtre où il entame une carrière. Il débute au cinéma en 1948, quitte l'Allemagne pour vagabonder en France, refait du théâtre en 1951, puis du cinéma à partir de 1955. Il tourne dans plusieurs pays, notamment l'Italie, joue un rôle épisodique dans Docteur Jivago de David Lean (1966), puis sort de l'ombre avec les films de Werner Herzog.
Le Grand Silence (1968) est le premier film qui a attiré sur lui l'attention en France. Entre autres suivront : Justine de Sade (1968); L'Important c'est d'aimer (1974); Mort d'un pourri (1979)… »
Addendum : Félicitations à Doña Letizia et au prince des Asturies .
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27/12/2004
L'Imbécile

Saint(s) du jour : Saint Jean , Apôtre et Évangéliste (+ 103)
Je me suis , moi aussi , laissé aller à acheter L’Imbécile du mois de Janvier 2005 , sans doute attiré par le gros titre putassier : "Philosophie et dandysme" , mais plus certainement par la perspective de lire un nouveau texte du sniper en chef Philippe Muray « La Célébration de Derrida » , et quelques entretiens avec Francis Fukuyama et Samuel Huntington . En tous cas sûrement pas par l’entretien inédit avec Cioran qui , s’il est à la mode chez les inrockuptibles , ne m’a jamais réellement intéressé , avec ses aphorismes pour agenda d’étudiants en lettres cools . Je n’ai pas encore entièrement terminé ce numéro 8 ( « Journal » d’Huguenin oblige …) mais voici mes premières impressions , qui vous donneront peut être envie de l’acheter vous aussi …
Ça commence plutôt mal , à mon avis , avec les articles de Marc Cerisuelo « Luc Ferry ou la défaite de la morale » ( pas très clair et qui tire sur une ambulance ) et de Florian Zeller « Allaoui , l’homme qui n’a pas toujours dit NON » ( apparemment c’est assez banal de taper sur Zeller , mais c’est la première fois que je le lis et je suis déçu … c’est dommage , le sujet était intéressant mais Zeller passe totalement à coté et nous ennuie … essaye encore Florian , et pardonne moi cette familiarité , nous avons sensiblement le même âge et presque la même coupe … Ah , la coupe de cheveux de Florian Zeller , le BHL blond …) .
Les choses vont en s’arrangeant avec le texte sur la célébration de Derrida, par le toujours hilarant Muray qui en nous rappelant quelques paroles de Gombrowicz , dégonfle ( comme l’autre déconstruisait … ) les baudruches ( Derrida et l’époque qui le célèbre ) .
Suivent deux bons textes de Frédéric Schiffter « Eloge du Confort Intellectuel » ( qui annule le texte de Cerisuelo en défendant clairement et avec talent la clarté intellectuelle ) et de Denis Grozdanovitch « Carl Schmitt , le chat et la petite souris » ( où l’on voit que décidemment Gombrowicz est bien utile quand on veut faire trembler les professionnels de l’intelligence ) .
Le jeu de langue de Serge Koster , « Identité : Otage » est plutôt réussi , tout comme le texte « Les fesses de Fabienne » de Nicolas Barthélémy , que ne renieraient pas nos camarades du Palindrome . De même , le texte de Frédéric Pajak me fait penser à tous ces apprentis philosophes aux vestes en velours et fumeurs de cigarettes roulées à la main qui hantent les premières années de D.E.U.G. de l’Université française .
Les entretiens de Jean-François Duval avec Cioran , Fukuyama et Huntington sont assez décevants . Cioran n’a pas grand-chose à dire , même en 1979 , et lorsqu’il s’aventure à dire quelque chose , ça ressemble à des aigreurs de vieillards … En tous cas , ça va leur faire tout drôle aux cioranolâtres de lire certains propos du maître , par exemple sur son expérience du métro parisien le week-end … la confrontation entre les propos d’Huntington ( la fin de l’Occident , ou la modernisation qui ne correspondrait pas à une occidentalisation ) et de Fukuyama ( qui rectifie sa théorie sur la fin de l’Histoire en annonçant la fin de l’Homme par les progrès des biotechnologies et le début d’une nouvelle Histoire … ) nous laisse un peu sur notre fin , sans rien nous apprendre de nouveau et en ne faisant qu’exacerber notre impatience de lire bientôt « American Black Box » de Dantec , dont la sortie est apparemment pour la énième fois repoussée .
L’article de Jean-Louis Florin sur Zizek , le philosophe à la mode Technikart , ayant inspiré les frères Wachowski : « Slavoj Zizek , la philosophie à vendre ? » , n’augure rien de bon , même si , en feuilletant son Plaidoyer en faveur de l’intolérance (2004) , j’avais été surpris par quelques bonnes pages … Voici deux autres textes de ce philosophe slovène , ainsi qu’un entretien paru dans Le Nouvel Observateur .
J’en suis arrivé là . Encore articles à lire , notamment celui de Didier Raymond , « Soren Kierkegaard , la fin du séducteur » , mais dans l’ensemble et pour 4,50 euros , je vous conseille ce numéro de l’Imbécile qui me semble meilleur que le précédent et qui , grâce à ses articles courts , comble efficacement le temps perdu durant les trajets dans les transports en commun ( surtout en période de grève …) .
Fin de l’intervention .
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21/12/2004
Retour de Paris
Saint(s) du jour : Sainte Françoise-Xavière Cabrini (+ 1917), Bienheureuse Marie Mancini (+ 1431)
C’est en buvant à la santé et à la libération de Christian Chesnot et de Georges Malbrunot que je rédige rapidement ce billet , de retour d’un dimanche improvisé à Paris , plongée en apnée chez les bouquinistes en préparation des Fêtes de fin d’année . Résultats des courses (1ere partie ) :
Michel de Saint-Pierre – Monsieur de Charrette , chevalier du Roi
Biographie de Charrette , « inventeur » de la guerre subversive moderne , contre-révolutionnaire célèbre , dont la devise était : « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais » , à qui l’ont doit ces quelques phrases qui trouvent un écho favorable en moi , deux siècles et une future constitution européenne après qu’elles furent prononcées : « Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu (…) On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions…. Faut rire ! (…) Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu, la jeunesse de fidélité. »
Michel de Saint-Pierre – La Mer à Boire
Extrait :
" Marc songeait à l'extraordinaire soumission de l'être humain. Les trajets qu'il faisait chaque jour en métro pour aller à ses cours de médecine lui vinrent à l'esprit. Heure d'affluence. Des gens pressés dans l'espace et pressés dans le temps, femmes au chapeau inquiet, hommes au coude agressif… Cependant chaque homme, chaque femme acceptaient l'inconfort, le contact des fesses ambiantes, la moiteur générale et ce bouquet d'haleines. Excusez-moi, monsieur, disait à la ronde un jeune gaillard bien mis, d'allure sportive, qui se laissait bousculer. Vigueur physique humiliée – fantaisie vestimentaire étranglée - mille autres symptômes : de toutes parts on attendait à l'épanouissement de l'homme. On nivelait le monde à coups de grands mots sourds tels que social et collectif. Pourquoi ? Dans quel but ? Et comment finirait ce piétinement, cette conspiration des troupeaux ? "
Georges Bernanos – Monsieur Ouine
L’un des romans préférés de Juan Asensio , qu’ il dit relire au moins une fois par an . A force d’en entendre parler par ceux qui en était revenu , il fallait bien que je me jette à mon tour dans ce gouffre ( ce trou noir ? ) … en lien , une autre étude sur ce livre : " MONSIEUR OUINE ET LE ROMAN CONTEMPORAIN ou LE VIEUX NARCISSE EST MORT " par Armel Guerne .
Mishima – La Mort en été
J’ai toujours été fasciné par le personnage Mishima , dont j’avais découvert l’œuvre avec la perle noire Le Marin rejeté par la mer . Ce recueil contient la nouvelle « Patriotisme » , où un fier lieutenant japonais prépare son seppuku en ne laissant pour simple lettre d’adieu qu’un sublime : « Vive l’Armée Impériale » .
Philip K. Dick – Loterie Solaire
1er roman de Philip K. Dick , écrit en 1954 , qu’il nous présente lui-même ici .
Cizia Zykë – Buffet Campagnard
Je crois que j’ai entendu parler de Zykë dans feu - Cancer ! , ou peut être dans Immédiatement ancienne version … ou alors est-ce Raphael Juldé , grand voyageur tendance De Maistre , qui parlât un jour de Zykë le baroudeur ?
4e de couverture :
« Cizia Zykë écrit comme on frappe .
Aussi , comment faire dans la dentelle lorsque vos deux « héros » , tombés en rade dans un sale coin , découvrent un monde de ripaille , de sexe et de folie …
Derrière les hauts murs d’une hacienda étrangement accueillante , César et Couicou vont basculer de l’orgie vers l’horreur. Dona Mercedes leur mitonnant un drôle de banquet …
Après la trilogie autobiographique ( Oro , Sahara , Parodie ) qui le propulsa de la jungle américaine au plateau d’Apostrophes , Zykë nous offre ici un conte fantastique et cruel . »
Paul Gadenne – L’Invitation chez les Stirl (1955)
Un autre auteur favori du Stalker . Merci à lui de m’avoir fait découvrir cet auteur , grâce à cet article , intitulé « Paul Gadenne l'oublié » , paru à l’origine dans Contrelittérature . Je viens d’ailleurs de découvrir que Gadenne était , avec Brasillach , l’un des 9 rédacteurs de Fulgur , en 1927 . J'étais complètement passé à coté de lui lorsque je me suis intéressé à Brasillach ... Je vais relire Notre Avant-Guerre , il doit bien s'y trouver ...
A suivre …
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14/12/2004
Quelques bonnes pages ( 1 )

Saint(s) du jour : Saint Jean de la Croix (1542-1591), Sainte Odile (VIIème siècle)
Disque du jour et de l'année : Buffy Sainte-Marie - Illuminations ( 1969 )
Un peu de lecture aujourd'hui avec quelques extraits tirés de “Tigre en Papier” d’ Olivier Rolin paru en 2002 et lu la semaine dernière ... un livre écrit dans un style un peu particulier , et parfois rebutant , mais qui vaut la peine qu'on s'y accroche , rien que pour la description d'une époque trop souvent fantasmée et en réalité bien ridicule ( les années 70 en France ) , les portraits des militants maoistes ( souvent les bourgeois d'aujourd'hui ...) et la recherche du Père , à Paris et jusqu'au bout du monde ...
« Aussi étrange que cela puisse paraître , il n’était pas rare que des ménagères viennent assister à vos réunions publiques dans une salle au dessus d’un café de l’avenue de Versailles : devant leurs yeux médusés vous déployiez des cartes où barres et flèches figuraient fronts et offensives , vous y aviez symbolisé des rivières , des routes , des collines portant des noms exotiques , Khe Sanh , Tây Ninh , Dông Khê … Ces jungles vous semblaient proches , ou plutôt vous aviez la certitude que l’axe du monde passait là-bas , que le lieu où vous vous trouviez , l’Europe , la France , Paris , la Porte de Saint-Cloud , n’était qu’une lointaine périphérie de ce centre . Vous pensiez que l’histoire du siècle s’était écrite ici quand vous n’étiez pas nés , qu’elle continuait de s’écrire au plus loin de là où vous étiez . Vous n’aviez pas la moindre idée de ce que vous pouviez bien être , vous : à part des ombres d’autrefois , d’ailleurs . Vous viviez comme dans l’absence de ce que vous auriez pu être , en un lieu qui avait cessé d’être , dis- tu (essaies-tu de faire comprendre ) à la fille de Treize . Mais pourquoi étiez vous comme ça ? te demande-t-elle . Vous n’aimiez pas la vie ? Mais si nous l’aimions , mais , pardonne-moi la formule trop…connue , nous pensions que la vraie vie était ailleurs , dans ce que le sabir maoïste nommait la « zone des tempêtes » , le tiers-monde encerclant les métropoles impérialistes . Et on était trop intransigeants pour se satisfaire d’une fausse vie . Il y a des générations qui naissent en plein dans l’Histoire , en plein dans le mille . Et puis d’autres qui sont à coté de la plaque . On avait cette impression-là , nous . On était privés de grandes choses . »
« Le bidonville c’était tous des prolos marocains et algériens qui bossaient à Chausson ou à Simca-Poissy , des types magnifiques , graves et réservés , solennels et généreux , rien à voir avec la petite pègre d’aujourd’hui . Là tu vois que la fille de Treize a un haut-le-corps . c’est vrai tu avais oublié , c’est de son age , elle est toute farcie de l’idéologie des bourgeois branchés , les « jeunes des cités » , dits plus simplement les « jeunes » , c’est sacré , de la pure victime , ça a beau jouer du couteau et du pitbull , dealer et racketter , violer , brûler des synagogues , terroriser profs et prolos , c’est de l’hostie consacrée , oui , l’Agnus Dei des « bobos » . Autrefois , quand on était marxistes , dis-tu à la fille de Treize , pas progressistes , pas humanitaires pour deux sous , on appelait cette engeance du lumpen-prolétariat , ça voulait dire à peu près la même chose que nervis , hommes de main , indics , SA , miliciens , de la main-d’œuvre à terreur , de la valetaille de dictatures . On ne se sentait pas obligés , mais alors pas du tout , d’admirer le lumpen . »
« Victoire et Laurent , le plus beau couple de La Cause , soit dit en passant .(…) Leur beauté avait quelque chose qui gênait certains de nos camarades . tu trouves cela étrange ? tu as raison , Marie , c’est étrange , et même assez monstrueux , mais cette méfiance vis-à-vis de la beauté , prélude à la haine de la beauté , était une espèce de lèpre morale dont nos esprits étaient infectés . Et pourquoi ? Eh bien même maintenant , tant d’années après , je ne sais pas bien l’expliquer . peut-être tout simplement parce qu’elle résiste , la beauté , à cette terrible volonté de nivellement que nous avions ? Parce qu’elle est le contraire , ce qui distingue , ce qui est injustement donné aux uns , et refusé à la plupart ? Mais là, il s’agit de la beauté humaine , tandis que nous méprisions aussi la beauté d’une église de campagne , qui n’est donné ni refusée à personne en particulier , celle d’un ciel de nuages , celle des toits d’une ville (…) et la beauté de l’art , n’en parlons pas . Nous la détestions sans la connaître . La Beauté fait dérailler , divaguer , et nous ce que nous aimions c’était les « masses » , comme on disait . pas l’exception . »
Et puis un petit test , touvé chez Lorenzo ... résultat : " Damned ! " :
You Are a Religious Republican |
![]() You make up the conservative, Christian, dedicated core of the Republican Party. You believe it's important for religious people to stand up for their beliefs in politics. And for you, this means voting your conscience - which almost always means voting Republican. Your pet causes include the sanctity of life, school vouchers, and prayer in school. |
00:55 Publié dans Litteratures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06/12/2004
Le coin lecture
Saint(s) du jour : St Nicolas de Myre, evêque (+ 324)
Disque du jour : Kurtis Blow - " Deuce "
Nouveaux achats , futures lectures .
Court billet simplement pour vous faire partager mes lectures en cours .
N’hésitez pas à me donner votre avis sur l’un de ces livres , si vous les avez déjà lus .
- Nick Tosches – La religion des ratés (1988)
J’avais adoré Dino , sa biographie érudite et hilarante ( chez Tosches la culture , même la plus pointue , n’est jamais barbante) de Dean Martin .
- Michel de Saint-Pierre – Les Murmures de Satan (1959)
- Paul M. Marchand – Sympathie pour le diable (1997)
Livre cité dans les remerciements et gratitudes de Villa Vortex de Maurice G . Dantec qui affirme que ce livre « a croisé , certes pas « par hasard » , [s]a propre aventure , dans le Sarajevo des Limbes . »
« Prise de risque maximum, esthétisme de dandy (havanes et pose d'indifférence), provocateur (le fameux "Je suis immortel" inscrit sur sa voiture à l'attention des snipers), assumant son rôle de comptable macabre jusqu'au bout, jusqu'à tâter les cadavres pour déterminer l'heure de la mort. Cette balle avec laquelle Paul M. Marchand jouait, il l'a reçue dans le bras en octobre 1993. De retour de Bosnie avec une main déchiquetée, pendant trois années d'opérations à répétition, il a écrit ce récit qui entre dans la tradition des livres de guerre de reporters, après notamment Putain de mort, de Michael Herr (Albin Michel) et le très beau L'Air de la guerre, de Jean Hatzfeld (l'Olivier, 1994). Il ne s'agit pas seulement de proses de journalistes témoins d'un événement extraordinaire mais de réels actes d'écriture qui surgissent d'un besoin essentiel de cerner et pénétrer la guerre, et donc la mort, avec des mots après avoir essayé de l'embrasser dans une vie de journaliste. Apollinaire, L.F. Céline, Hemingway..., la liste est longue des écrivains qui ont vu dans la guerre une occasion unique de parler de l'homme et par le style d'approcher la vérité de cette catastrophe très humaine.
Avouant sa découverte de l'inutilité des mots de reporters, en terme d'efficacité sur le cours d'une guerre, Paul M. Marchand écrit sous l'emprise d'un lyrisme qui dérape parfois dans l'emphase et la boursouflure, une débauche linguistique face à l'indicible qui alterne avec le réalisme des scènes vécues. "A Beyrouth comme à Sarajevo, chaque matin, j'appareillais vers la mort dans mon voyage de destruction. Journaliste, je devais raconter, avec des mots de ruines, dans une langue inachevée, que les guerres ne sont rien d'autres qu'un peu de bruit sur beaucoup de silence. Un fracas passager quand le silence devient trop insupportable. Un rêve de monde meilleur, même si le rêve est obscène et turbulent". On fera sans doute quelques reproches à ce livre. On dira de l'exaltation du moi qu'elle est de la mégalomanie du personnage Marchand. Comme toujours, on critiquera un esthétisme de la guerre, ces feux d'artifice d'Apollinaire qui, époque oblige, deviennent sous la plume de Marchand des moments de "rock and roll" aussi excitants que Sympathie for the devil des Rolling Stones. Son attirance pour la tuerie et le sang troublera. Mais il y a dans cette outrance et cette fureur une descente fascinante dans l'horreur où les valeurs sont bouleversées et la mort personnifiée, une quête à rebours qui traverse le beau comme le répugnant. Ce chant de la guerre charrie du nauséabond, chacun jugera s'il approche une vérité, mais aussi un humanisme torturé. Celui de quelqu'un à qui l'on a enseigné le fameux "Plus jamais ça" et qui a vu l'ampleur des mensonges en déambulant sur ce que l'on nomme la "ligne verte", la ligne de front. »
Article paru dans Le Matricule des Anges Numéro 023 - juin-juillet 1998
- Elisabeth Lévy – Les Maîtres Censeurs (2002)
Le Stalker nous en parlait en mars .
- Hubert Selby – La Geôle (1971)
Je vous avais déjà parlé dans un de mes premiers billets de la nécessité de lire Selby . Voyez aussi le texte critique d’ Hélène Gaudy .
- Robert Brasillach – Le Marchand d’oiseaux (1936)
Tout cela pour la modique somme de 16 euros .
Plus quelques cadeaux , St Nicolas* oblige ( pas ce païen de Père Noël ! ) :
- Philip K. Dick – Si ce monde vous déplait … et autres récits
Pour compléter mes lectures de Dick , quatre conférences :
1- Humain contre Androïde (1972)
2- Hommes , machines et androïdes (1976)
3- Si vous trouvez ce monde mauvais , vous devriez en voir quelques autres (1977)
4- Comment construire un univers qui ne tombe pas en morceaux au bout de deux jours(1978)
- Dan Simmons – L’Echiquier du Mal (1989)
* : " Saint Nicolas de Patare, en Lycie, fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction: "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ."
Une de ses premières oeuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.
Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Dès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.
Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.
Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers."
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13/09/2004
La Grâce Efficace

Aujourd'hui l'Eglise fête : St Jean Chrysostome, évêque et docteur (+ 407)
Un peu de lecture aujourd'hui , en attendant de reprendre le travail . Comme je ne vous l'ai pas encore dit , j'effectue un remplacement de documentaliste dans un collège privé catholique . Pensionnaires pour la plupart , ces éléves sont d'un niveau intellectuel supérieur , et ne m'obligent pas "à faire le gendarme" ... Ils lisent , et ce même si ça ne leur est pas imposé !! Alléluia ! Je n'y croyais plus ...
Ce travail me permet donc de lire , de me reposer , et de relire encore ... D'aucuns diront : la planque ! En plus tu es logé , nourri , blanchi !
C'est vrai ...
Je vous invite donc tous à venir passer quelques jours de "retraite" au "château" où nous sommes logés ( à 5 mn du lycée , quelques hectares de terrain , pour l'instant nous ne sommes que deux ... ils restent environ 8 chambres ...) Avis aux amateurs !
En attendant : Bonne lecture !
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Jérome Leroy , La grâce efficace , Ed. Les Belles Lettres. Coll. Le Cabinet Noir.
Jérôme Leroy est né à Rouen en 1964 . Très jeune il entendit Diana Ross et les Suprêmes chanter Baby Love et il ne s’en est jamais vraiment remis : dans chacun de ses livres les personnages écoutent au moins une fois un morceau de soul . Si je ne me trompe , il doit toujours vivre à Lille et être professeur de français à Roubaix dans ce qu’il est convenu d’appeler « des quartiers sensibles » … L’un de vous en sait-il un peu plus ?
Il a publié plusieurs romans dont , entre autres L’Orange de Malte (1990) , Le Cimetière des Plaisirs (1994) , Monnaie Bleue (1997) , Big Sister , Le Dernier Homme , Quelque Chose de Merveilleux , Une Saison de Craie , etc … et des recueils de nouvelles : Requiem en Pays d’Auge (1996) et Départementales (1996) , Une si douce apocalypse ... On lui doit aussi un essai : Frédéric H. Fajardie (1994) et des anthologies: Histoires de chevaux , Histoires de Bretagne , Histoires de Provence , Histoires de Serpents et Histoires de Chine . Il a également participé au Grand Livre de Proust et au Grand Livre de Dumas publiés par Les Belles Lettres . En 1999 , avec Sébastien Lapaque , il a publié un essai-anthologie sur le thème de l’Ivresse , intitulé Le Triomphe de Dyonisos (cf aussi L’Eloge de l’Ivresse d’Anacréon à Guy Debord ) , mais aussi L’Ecole de Chateaubriand à Proust






